CONSEIL DE SÉCURITÉ - ONU - Madagascar plaide pour des sièges permanents pour l’Afrique

À la tribune de l’ONU, le colonel Michaël Randrianirina a appelé à une réforme profonde du système multilatéral. Il a notamment défendu une représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité.

Pour sa grande première à la tribune des Nations Unies, le chef de l’État s’est exprimé en malgache.

Corriger un déséquilibre historique. C’est en ces mots que le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, a introduit son appel à l’attribution de sièges de membres permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité, lors de son discours à la tribune de l’Organisation des Nations unies (ONU), jeudi.

« Nous devons corriger le déséquilibre historique qui affecte la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité. En effet, l’Afrique, qui compte 1,4 milliard d’habitants, ne doit pas être en marge des prises de décision concernant la paix, la sécurité internationale. L’Afrique doit être représentée de façon permanente au sein du Conseil de sécurité, conformément au Consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, qui expriment une position commune des membres de l’Union africaine, fondée sur une exigence de justice, d’équité et de représentativité au sein du Conseil de sécurité », déclare alors le locataire d’Iavoloha.

Le consensus d’Ezulwini, en Eswatini, en mars 2005, et la Déclaration de Syrte, en Libye, en juillet 2005, constituent les fondements de la position commune africaine sur la réforme des Nations unies. Une des principales revendications porte sur l’attribution de deux sièges permanents pour l’Afrique au sein du Conseil de sécurité. Des représentants permanents qui disposent de tous les privilèges et prérogatives des membres actuels, dont le droit de veto. L’Afrique revendique aussi l’augmentation de sa représentation non permanente avec cinq sièges non permanents.

En faisant écho à l’exigence de l’Afrique au sujet du Conseil de sécurité, le colonel Randrianirina a probablement voulu démontrer l’attachement au panafricanisme qu’il revendique. Cet appel qu’il a lancé s’inscrit néanmoins dans un cadre plus large. Celui d’une réforme du système multilatéral, à commencer par celle des instances de prise de décision au sein de l’ONU. En notant que la confiance des nations du monde envers cette organisation s’érode, l’officier supérieur déclare « qu’il faut absolument procéder à la réforme de l’Organisation des Nations unies pour qu’elle soit au service de tous les peuples ».

À cet effet, Madagascar propose trois réformes principales. Comme indiqué précédemment, la première porte sur un rééquilibrage des pouvoirs de prise de décision à l’ONU. Outre le Conseil de sécurité, la Grande Île plaide aussi pour que l’Assemblée générale retrouve « toute sa force politique et toute sa place au cœur de la gouvernance mondiale ». 

Un discours en malgache

Selon le colonel Randrianirina, « elle reste en effet le seul organe où chaque nation, quelle que soit sa puissance, dispose d’une voix souveraine et égale ».

Madagascar souhaite aussi que les programmes onusiens soient en cohérence avec les priorités exprimées au niveau national. La Grande Île plaide aussi pour une architecture financière internationale plus accessible aux pays vulnérables. Elle propose notamment que les mécanismes de financement tiennent davantage compte de la vulnérabilité multidimensionnelle des États. Le troisième point des réformes proposées par Madagascar porte sur « l’efficacité face aux urgences climatiques et humanitaires ».

Le locataire d’Iavoloha déclare ainsi que « le système multilatéral que nous devrions mettre en place devrait garantir la concrétisation des promesses de financement climatique. Il devrait servir de catalyseur et de garant pour que les pays développés honorent leurs engagements en matière de financements climatiques en direction des nations les plus exposées». Dans son allocution, il affirme en effet l’attachement de la Grande Île au multilatéralisme. Il déplore toutefois que le système multilatéral ait montré ses limites face aux différentes crises mondiales.

« Les populations les plus vulnérables, frappées par la récurrence ou la persistance des crises sanitaires, l’insécurité alimentaire ou la faim, les impacts du dérèglement climatique ainsi que des conflits, aggravés par les tensions géopolitiques actuelles, en viennent parfois à ressentir un certain scepticisme quant à notre capacité collective au sein des systèmes des Nations unies à apporter les réponses aux fléaux qui marquent notre époque », regrette-t-il.

L’officier supérieur a cité des exemples concrets des conséquences de ces crises, notamment de la crise climatique sur la population de la Grande Île. Il déclare donc que « Madagascar plaide pour un système multilatéral, non seulement capable d’agir, mais aussi capable de soutenir les membres dans leurs efforts pour briser les cycles de pauvreté et d’insécurité ». En ajoutant que la Grande Île « aspire à un ordre international fondé sur la primauté du droit international, confiant dans les vertus du dialogue et de l’action diplomatique». Et pour que « le multilatéralisme constitue une tribune privilégiée où les États s’unissent dans une responsabilité collective (…) ».

Avant de conclure son discours, il lance alors : « Si nos pères ont su bâtir une organisation à la mesure de leur temps, il nous incombe désormais de la refonder pour relever les défis d’aujourd’hui et ceux de demain. Transmettons aux générations futures une organisation qui rassemble, qui protège et qui agit. » Un fait a marqué cette première allocution du colonel Randrianirina à la tribune de l’ONU. Il l’a prononcée en malgache. Au niveau national, sa prestation, bien qu’inédite et remarquable, a toutefois été occultée par le débat autour du jour férié d’hier.

Garry Fabrice Ranaivoson

4 Commentaires

  1. Et s'il défendait une représentation démocratique de chaque nation africaine . Mali, Burkina, Niger, ... et nous même avons besoin d'élire démocratiquement un Président de la République ... Faut pas se tromper de combat Colonel !!

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    1. La tête de nœud qui oublie facilement que son gourou le fugitif à Dubaï était loin d'être élu démocratiquement !

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  2. Est ce une raison pour continuer les prises d'assaut du pouvoir. Sacrée excuse !!!!! Avec des gars comme le Marco, on n'est pas sorti de l'auberge !!!

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    1. L’enfoiré qui oublie comment Andry Rajoelina a pris le pouvoir en 2009 ?

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