Le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar dévoile les douze thématiques autour desquelles la concertation nationale doit s’organiser. Les questions de gouvernance dominent, tandis que les sujets politiques apparaissent en retrait.
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| Des dirigeants du FFKM lors du lancement de la phase opérationnelle de la concertation nationale, le 25 août. |
Douze. C’est le nombre des thématiques publiées par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), hier. Douze thématiques pour structurer les débats durant la concertation nationale.
Le premier axe porte sur la gestion des affaires publiques et les structures de gouvernance. Viennent ensuite l’exercice et l’accès aux droits fondamentaux, l’économie et le développement durable, ainsi que la justice, la paix et l’État de droit. La cohésion sociale et la solidarité, la culture et les valeurs malgaches figurent également parmi les sujets retenus. Le FFKM compte aussi ouvrir les débats sur l’environnement et la gestion du territoire national, les relations extérieures et la souveraineté. La question de la décentralisation et de la gestion des ressources locales figure aussi parmi les thématiques à aborder.
Une place est également accordée aux enfants, aux jeunes et aux personnes vulnérables. Les deux derniers axes concernent la traduction des décisions en lois, et la réforme de l’administration ainsi que de la gestion des finances publiques. À la lecture de la publication du FFKM, le processus s’oriente principalement vers les questions de gouvernance, de fonctionnement de l’État, de développement et de cohésion sociale, laissant en apparence de côté les questions politiques, ou encore celles qui ont trait aux élections, qui ne sont pas mentionnées.
La publication de ces thématiques intervient à un moment où les Églises préparent le déploiement sur le terrain des facilitateurs des échanges dans le cadre de la Concertation. Après des séances de formation, ils devraient commencer à organiser les débats au niveau des Fokontany à partir du 14 septembre. Les discussions doivent ensuite remonter progressivement aux communes, aux régions et, en dernier ressort, au niveau national.
Processus parallèle
Hier toujours, le FFKM a demandé aux acteurs de « se tenir prêts, puisque la concertation pour la Refondation de Madagascar est proche (…) ».
Selon le planning établi par le FFKM, les résolutions issues de la concertation nationale ne devraient être connues qu’après mai 2027. Un calendrier qui suscite déjà des réserves, notamment au sein d’une frange de la Gen Z regroupée sous l’appellation Gen Z Madagasikara. Cette dernière déplore « le manque de visibilité sur la méthodologie, le cheminement et surtout la finalité du processus ». Le décalage entre le calendrier de la concertation et celui de la Refondation constitue une source de questionnement. Le chronogramme de la Refondation prévoit qu’elle dure vingt-quatre mois à compter de janvier 2026, avec, comme perspective, un référendum ou une élection constitutionnelle ainsi qu’une présidentielle avant décembre 2027.
La concertation est pourtant présentée comme l’un des mécanismes devant conduire à la Refondation de la République. Dans cette perspective, les résolutions devraient contribuer à définir le contenu d’un ou de plusieurs projets de Constitution, lesquels seraient ensuite soumis à l’approbation populaire par référendum ou dans le cadre d’une élection constitutionnelle. Si les résolutions de la concertation ne sont rendues publiques qu’après mai 2027, elles pourraient compromettre les échéances électorales du chronogramme de la Refondation. Les résolutions pourraient même recommander la création d’entités transitoires ou la modification du cadre institutionnel des élections et l’adoption de nouvelles lois ou d’actes réglementaires.
L’enclenchement d’un processus parallèle pour accélérer la marche vers les élections et mettre fin à la Transition rend d’autant plus difficile la lecture de la situation actuelle. Alors que la concertation nationale n’a pas encore commencé au niveau communautaire, les consultations pour les préparatifs électoraux conduites par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, qui se sont déroulées du 1er au 8 septembre, viennent de s’achever au palais d’État d’Iavoloha.
Ces consultations ont visiblement permis d’aborder des questions politiques qui ne figurent pas explicitement dans les douze thématiques du FFKM. Les différentes entités participantes ont formulé leurs recommandations sur les conditions nécessaires à la crédibilité des élections et sur les moyens de sortir durablement des crises politiques. Reste donc à savoir ce qu’il en adviendra. Déboucheront-elles sur un nouveau cadre juridique et institutionnel des élections ? Et comment celui-ci s’articulera-t-il avec les conclusions de la concertation nationale si cette dernière formule, elle aussi, des propositions sur les élections et les institutions ?
Plusieurs scénarios restent possibles. Une réforme du cadre électoral pourrait précéder l’adoption d’une nouvelle Constitution. À l’inverse, une élection constitutionnelle pourrait intervenir d’abord, sur la base du cadre juridique existant. Un autre scénario consisterait à établir, par consensus politique, un cadre électoral permettant d’organiser une présidentielle, avant de confier au président élu la poursuite de la Refondation institutionnelle. Mais cette dernière hypothèse soulève une question fondamentale : sur quelle Constitution le futur président prêterait-il serment ?
Garry Fabrice Ranaivoson

Attendons attendons ... un jour peut-être notre pays s'en sortira !!! Pour l'instant, on ne voit rien venir !!! Faudra s'y habituer !!! 2027 ... 2030 ... 2037 ... ??????
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