ANTSIRANANA - Le chantier naval de la Secren reprend vie

Après une longue période de turbulences, marquée par les difficultés et les incertitudes, la Société d’études, de construction et de réparation navales (Secren) d’Antsiranana veut tourner la page de l’immobilisme.

Les nouveaux dirigeants de la secren sont déterminés à amorcer le nouveau départ de la société.

Le changement se voit désormais sur le chantier naval. Les premiers navires sont de nouveau accueillis sur le chantier, les opérations de réparation redémarrent, les réservations se multiplient et les travaux de remise en état des infrastructures s’accélèrent.

Avec une augmentation de capital de dix milliards d’ariary apportée par l’État, l’entreprise dispose d’un nouvel appui. Cet effort financier place désormais la direction devant une responsabilité majeure : transformer cet apport en résultats visibles et durables. Reste désormais à transformer cet effort en activité, en performance et en résultats durables.

Lors d’un point de presse organisé par les nouveaux dirigeants de la Secren, conduits par le directeur général Félicien Milson, le signal est désormais donné : la société, poumon de la région, n’est plus à l’arrêt. Dans les ateliers, l’activité reprend progressivement, avec des navires qui commencent à retrouver le chemin de la cale sèche et des équipements de réparation.

Cette reprise se traduit d’abord par des opérations concrètes. Selon les explications, le bateau remorqueur venant de Mahajanga, Chambo Bora-II, figure parmi les premiers navires pris en charge, pour une durée prévisionnelle de vingt jours. Il sera ensuite suivi du Chambo Bora-III, tandis que le chantier se prépare à accueillir prochainement d’autres bateaux liés à la campagne crevettière.

Au total, près de vingt-cinq navires sont annoncés dans cette dynamique, notamment ceux de Réfrigépêche Ouest, Somapêche et Pêche Export. Pour cette société navale, ces réservations constituent bien plus que de simples perspectives commerciales ; elles représentent les premiers signes tangibles d’un redémarrage de la production.

Cap sur la clientèle internationale

Pour le chantier naval, ces commandes représentent une bouffée d’oxygène. Elles signifient surtout que l’outil industriel recommence à fonctionner et que la Secren retrouve progressivement sa vocation première, permettant de rétablir progressivement la confiance des armateurs et des opérateurs.

Cette relance ne peut toutefois être durable sans une remise à niveau des infrastructures. C’est pourquoi la direction générale de la Secren mène parallèlement plusieurs interventions techniques sur le chantier, notamment au niveau du bassin de radoub. Les travaux portent notamment sur les pompes incendie, les systèmes d’épuisement et d’assèchement du bassin, ainsi que sur la réparation du bateau-porte.

Autre indicateur encourageant, la Secren se prépare à recevoir le PEGASUS, un petit navire de croisière étranger basé aux Seychelles. Son accueil ouvre une nouvelle perspective pour le chantier naval d’Antsiranana, qui ambitionne de reconquérir progressivement une clientèle au-delà du marché national. Cette ouverture internationale pourrait constituer un levier important pour le redressement de la société.

Dans cette stratégie de relance, la Tunisie entre dans la danse. L’ouverture à de nouveaux partenaires constitue également un élément déterminant. La visite récente de Claude Miguet, président-directeur général de la Compagnie Méditerranéenne de Réparation, spécialisée dans la réparation et la maintenance navales, s’inscrit dans cette perspective. Son expérience dans le secteur naval ouvre des pistes de coopération susceptibles d’accompagner la société dans la gestion de certaines urgences, mais aussi dans la formation, l’assistance technique et l’amélioration des pratiques de gestion et d’exploitation.

Bref, aujourd’hui, le chantier veut changer de récit, malgré les revendications de quelques personnels. Des navires entrent. Les équipes travaillent. Les équipements sont remis en état. Les commandes reviennent. Cette nouvelle dynamique est encore fragile, mais elle est désormais concrète.

« Notre défi est de taille: faire de cette reprise opérationnelle le point de départ d’un véritable redressement industriel. Il faudra pour cela maintenir le rythme, sécuriser les infrastructures, attirer de nouveaux clients et surtout restaurer durablement la crédibilité de la Secren auprès des armateurs et des partenaires », a lancé le directeur général. Et de conclure qu’une fois ce processus pleinement engagé, l’entreprise devra être en mesure de voler de ses propres ailes et de ne plus dépendre de l’appui financier de l’État pour assurer le paiement régulier des salaires de ses employés.

Raheriniaina

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