TOAMASINA - Le nouveau port sec entre en phase d’aménagement

La Société de gestion autonome du port de Toamasina (SPAT) annonce le lancement des travaux du nouveau port sec. Un projet qui vise à réduire les coûts logistiques et à fluidifier les échanges commerciaux.

Une maquette qui montre le nouveau port sec III à la fin des travaux.

Les travaux d’aménagement du nouveau port sec de Toamasina ont débuté lundi à Tsarakofafa. Cette nouvelle infrastructure s’inscrit dans la phase d’extension du port de Toamasina. Dans un communiqué, la société portuaire affirme : « Cette étape marque le lancement officiel de la mise en œuvre du projet de Plateforme multimodale logistique et portuaire de Toamasina (PMLPT). » Selon la SPAT, il s’agit d’un « projet stratégique inscrit dans la vision SPAT 2.0. Cette plateforme vise à moderniser les infrastructures de transport et de logistique, à renforcer la performance du port de Toamasina et à positionner la ville comme un pôle logistique majeur dans la région ».

Les travaux d’aménagement du nouveau Port sec III avaient été annoncés il y a plusieurs semaines par la société portuaire. Cette infrastructure vise à répondre à un défi logistique : adapter les capacités du port à la croissance du commerce international, qui change d’échelle, mais aussi faire de Toamasina le principal hub de la région dans l’océan Indien. Actuellement, certaines marchandises transitent encore par La Réunion ou Maurice, qui servent de ports intermédiaires faute d’infrastructures de stockage adéquates. Des marchandises qui devraient coûter dix ariary en coûtent douze en raison de contraintes logistiques.

Consciente

La réalisation de ces travaux repose sur une décision de justice rendue en 2025, ordonnant la libération de l’emprise du Port sec III par les personnes qui l’occupaient sans droit ni titre. La SPAT affirme, pour sa part, avoir mené un dialogue avec les habitants du site de Tsarakofafa. « Malgré cette décision judiciaire, la SPAT n’a pas procédé à son exécution immédiate. Consciente de sa responsabilité sociale et de la situation des familles concernées, elle a privilégié une période de dialogue, d’information et de concertation avant le démarrage des travaux », indique la société portuaire, tout en reconnaissant que « certaines familles installées sur le site ont pu être victimes d’escroqueries ou de transactions foncières irrégulières ». Cette situation a suscité, hier, quelques oppositions de la part des familles concernées.

Plusieurs mesures ont été prises par la SPAT, notamment la mise en place d’un guichet unique sur place pour accueillir et recenser les ménages concernés, ainsi que pour coordonner leur relocalisation. La SPAT a également attribué une parcelle de 250 m² au Port sec II à chaque ménage recensé ayant accepté de quitter volontairement les lieux. Les terrains affectés à cette opération appartiennent à la SPAT, précise la société. Elle ajoute: « Cette mesure d’accompagnement ne se limitera pas à la simple attribution d’une parcelle. Toutes les démarches nécessaires seront entreprises afin de garantir la sécurisation juridique des droits fonciers des bénéficiaires, notamment le bornage et la délimitation des parcelles, la mutation des droits de propriété et l’établissement d’un titre foncier au nom de chaque bénéficiaire. »

Itamara Otton

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