Le chantier de la nouvelle ville d’Imerintsiatosika semble suspendu dans le temps. L’installation des futurs résidents de la cité serait à l’étude.
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| La cité des 320 logements demeure fermée et inhabitée. |
Plus aucun signe d’activité sur le chantier de la nouvelle ville d’Imerintsiatosika. La cité de 320 logements n’a pas encore accueilli ses résidents. Sa cour est envahie de broussailles. Les bâtiments qui vont servir de logements se détériorent petit à petit, alors que certains n’ont même pas été totalement achevés.
À un ou deux kilomètres de cette zone d’habitation, dans la partie prévue pour la zone administrative, les projets de construction de bâtiments administratifs sont à l’arrêt. Les rares édifices administratifs sortis de terre, notamment la Maison de la presse, commencent déjà à se dégrader. Les terrains initialement réservés aux commerces et aux services publics ont été reconvertis en terres agricoles. Des villageois se sont approprié ces terres. Et les écoles publiques restent inutilisées.
En tout, seule l’avenue principale de la ville est aujourd’hui opérationnelle. Cette artère permet aux transporteurs de relier la ville d’Imerintsiatosika aux villages environnants. C’est d’ailleurs au bout de cette voie que se situe le terminus des bajajs, ces tricycles motorisés qui constituent le principal moyen de transport de la zone.
D’après un responsable au ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, ce projet n’est pas totalement à l’arrêt. L’installation des résidents dans la cité déjà construite, notamment, se poursuit. « Des concertations ont été menées afin de définir les modalités de poursuite des procédures antérieures. Le ministère a en effet reçu des requêtes portant sur l’attribution des logements pour lesquels des paiements ont déjà été enregistrés. D’autres acquéreurs ne se sont pas encore acquittés des montants requis. Des dispositions ont ainsi été prises concernant la reconduction ou la résiliation des contrats de ces logements », explique notre source.
Peu visibles
Des bénéficiaires des logements, tirés au sort en février 2023, s’accrochent à l’espoir de s’installer dans les bâtiments de cette nouvelle ville. « Certains viennent mesurer l’avancement des travaux. Un futur habitant revient même souvent sur les lieux, ressassant avec amertume qu’il devrait déjà être logé ici à l’heure actuelle », confie un gardien de la cité de 320 logements.
Certaines entreprises, maîtres d’œuvre des chantiers de ces logements, poursuivraient les travaux de construction.
« Récemment, des entreprises sont venues repeindre l’intérieur et l’extérieur des habitations, ce qui explique pourquoi ces bâtiments n’arborent pas la couleur orange des autres constructions », explique-t-il. Ces interventions restent toutefois peu visibles depuis l’extérieur. Cette cité demeure, d’ailleurs, inhabitable. Elle n’est toujours pas raccordée aux réseaux d’eau et d’électricité.
La nouvelle ville d’Imerintsiatosika était destinée à accueillir de nombreux projets structurants. Parmi eux figuraient le raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité et de voirie, complété par l’implantation de parcs solaires de forte puissance pour approvisionner Tanamasoandro. Le volet infrastructures comprenait aussi la création d’une université et d’un stade national, de l’École nationale de la magistrature, sans oublier la construction d’une cité ministérielle destinée à loger les fonctionnaires de l’administration centrale. Si l’installation des résidents au sein de la cité est déjà programmée, le sort des autres projets demeure incertain.
Miangaly Ralitera
