Après des opérations d’assainissement, le désordre revient progressivement dans les rues d’Antananarivo, entre occupation des trottoirs, dépôts sauvages et incivisme.
![]() |
| La chaussée est de plus en plus encombrée par les différents usagers, chacun cherchant à trouver son passage. |
Le retour du désordre se fait de plus en plus visible dans les rues de la capitale. Piétons, commerçants, charrettes et véhicules se disputent désormais chaque espace disponible, rendant les déplacements plus difficiles au quotidien. À Anosibe, certains commerçants déchargent leurs marchandises directement sur la chaussée, tandis que des passants se faufilent entre les voitures, en dehors des passages réservés, aggravant les embouteillages.
Dans plusieurs quartiers, les trottoirs sont à nouveau occupés par des vendeurs informels, obligeant les piétons à marcher sur la chaussée. À Namontana, une grande partie des voies de circulation est même occupée par les marchands de rue, réduisant l’espace réservé aux véhicules et aux passants.
Les constructions illicites se multiplient également, tandis que certains espaces publics deviennent des lieux de vie pour des personnes sans domicile. Dans le même temps, une partie des transporteurs ne respecte plus les règles de circulation, augmentant les risques pour les usagers de la route. La prolifération des taxis-bicyclettes et des taxis-motos favorise aussi l’apparition de nouveaux parkings sauvages dans plusieurs secteurs.
À cela s’ajoute le retour des dépôts sauvages d’ordures dans certains quartiers. Des mendiants et des personnes sans abri retrouvent également leurs anciens emplacements, compliquant davantage la gestion des espaces publics.
Manque d’éducation
Les moyens de transport comme les charrettes tirées à la main et les calèches ne respectent pas toujours les règles établies par la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Selon les dispositions annoncées dans un communiqué publié en avril, « ces moyens de transport sont autorisés à circuler le matin avant 7 heures, puis entre 10 heures et 12 heures. Dans l’après-midi, la circulation est permise entre 14 heures et 16 heures, et le soir après 18 heures ».
Pour plusieurs observateurs, cette situation traduit un manque d’éducation civique dans la capitale.
« Malgré les efforts d’assainissement menés par la municipalité, les difficultés persistent également en raison des comportements inciviques de certains citoyens. Les dépôts d’ordures dans des endroits non autorisés, l’occupation anarchique des espaces publics et le non-respect des règles contribuent à aggraver la situation dans plusieurs quartiers de la capitale », déplore une source autorisée.
« Il faut que chacun fasse des efforts. Les trottoirs sont destinés aux piétons, mais aujourd’hui, il devient difficile de circuler sans prendre de risques », témoigne Vonjinirina, un habitant de la capitale. Selon lui, les actions de contrôle doivent être accompagnées d’une véritable prise de conscience des habitants pour éviter un retour aux anciennes pratiques.
De leur côté, les responsables municipaux assurent poursuivre les opérations de nettoyage et de contrôle, tout en reconnaissant les difficultés à maintenir durablement l’ordre sans la participation active de la population.
« Le redressement de la capitale s’annonce complexe. Tous les secteurs sont confrontés à des difficultés », a déclaré Feno Ralambomanana, président de la Délégation spéciale (PDS) de la CUA, lors de la présentation de son rapport sur les actions menées depuis sa prise de fonction au début de ce mois.
Malgré ces nombreux défis, la Commune affirme maintenir ses actions autour de trois priorités : les transports, les marchés et la propreté de la ville. Mais sur le terrain, le retour progressif de certaines pratiques montre que le maintien de l’ordre dans la capitale reste un défi permanent.
Mialisoa Ida

Manque d'éducation ... ou bien anarchie, chacun fait ce qu'il veut . Et là haut, ils font quoi ??? Tout devait s'arranger, le peuple allait vivre mieux !! On attend toujours ...
RépondreSupprimer