L’interruption de grossesse fait une nouvelle victime. À Mandritsara, une jeune femme de 24 ans est décédée à la suite d’un avortement clandestin. Cette femme enceinte aurait succombé à une hémorragie. Le drame s’est produit au domicile d’une femme, connue localement pour pratiquer des avortements à l’aide de massages et d’infusions traditionnelles.
La mortalité maternelle liée à l’avortement demeure élevée à Madagascar. Selon le rapport final d’évaluation stratégique nationale pour explorer les besoins et les priorités en matière de contraception, de grossesses non planifiées et de soins après avortement à Madagascar, publié par le Fonds des Nations unies pour la Population (UNFPA), les 408 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes enregistrés en 2021 sont liés, entre autres, aux complications des avortements à risque qui surviennent lorsque les grossesses ne sont pas désirées ni planifiées, faute d’accès aux méthodes contraceptives. Ce même rapport note que près de 46 à 63 % des grossesses non désirées aboutissent à un avortement, souvent clandestin et à risque.
À Madagascar, l’avortement demeure interdit, qu’il s’agisse de l’interruption volontaire de grossesse ou de l’interruption thérapeutique de grossesse. Une proposition de loi portée par l’ancienne parlementaire Masy Goulamaly visant à autoriser l’interruption thérapeutique de grossesse, notamment en cas de danger pour la mère ou l’enfant, n’a pas abouti. Elle s’est heurtée à la religion. Ce texte est actuellement en stand-by. La proposition de loi visant à dépénaliser l’avortement s’apprête à être de nouveau soumise aux parlementaires. La pratique persiste dans la clandestinité en l’absence de cadre légal.
Miangaly Ralitera