REFONTE DE LA LISTE ÉLECTORALE - La Ceni en appelle à l’engagement des citoyens

Le coup d’envoi officiel de l’inscription des électeurs dans le cadre de la refonte de la liste électorale a été donné, hier. À cet effet, la Ceni lance un appel à un élan citoyen pour s’assurer d’une liste propre et exhaustive.

Thierry Rakotonarivo, président de la Ceni, à Talata Volonondry, hier.

Une liste propre et exhaustive. C’est l’objectif affirmé par Thierry Rakotonarivo, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), durant le coup d’envoi officiel du recensement des électeurs, dans le cadre de la refonte de la liste électorale, hier, à Talata Volonondry.

Pour atteindre cet objectif, le numéro Un de l’organe électoral en appelle à un engagement des citoyens. 

« Nous allons déployer tous nos efforts pour que cette liste soit propre et complète. Seulement, nous n’y parviendrons que si chacun d’entre nous prend sa responsabilité. La Ceni ne peut pas y arriver toute seule », déclare alors Thierry Rakotonarivo. Dans un discours d’une trentaine de minutes, le patron de la Ceni a donc endossé la chasuble d’un éducateur civique.

Thierry Rakotonarivo s’est évertué à mobiliser l’assistance pour s’inscrire dans le registre électoral. « Le meilleur moment pour le faire, c’est maintenant. Ne remettez pas à un autre jour », lance-t-il alors. Pour s’inscrire, le citoyen qui remplit les conditions peut se rendre directement au bureau de son Fokontany. Il peut s’inscrire lors du passage des agents recenseurs qui font du porte à porte. « Une demande d’inscription en ligne» peut également se faire.

Selon les explications du président de la Ceni, la demande d’inscription en ligne doit faire l’objet d’une vérification préalable auprès des Fokontany concernés, si la personne demandeuse y réside vraiment. Être résident du Fokontany où le citoyen veut s’inscrire est, en effet, une des conditions pour être enregistré dans le registre électoral.

Cette période de recensement électoral durera quatre mois. Elle prendra fin le 25 novembre. S’ensuivra un processus de traitement des données. L’arrêtage provisoire de la liste électorale est annoncé pour le 9 janvier. Le registre sera ensuite retourné auprès des Fokontany, afin que chacun puisse y vérifier son nom, même l’orthographe. Ici encore, le patron de la Ceni demande à tout un chacun de faire preuve d’un engagement civique.

Nationalité

Dans le cadre de cette refonte de la liste électorale, sur cette étape du recensement des électeurs, Thierry Rakotonarivo en appelle particulièrement à un engagement actif des partis politiques et des organisations de la société civile. Dans le but probablement de susciter un sursaut d’orgueil chez ces entités, il est allé jusqu’à leur lancer une pique.

« Que chacun prenne ses responsabilités. L’histoire en sera témoin. À chaque élection, les partis politiques et les organisations de la société civile sont les champions des reproches et des critiques. Nous leur demandons de s’engager activement dans les comités de recensement électoral, d’y prendre part du début jusqu’à la fin et à tous les niveaux, et de ne pas apparaître qu’une fois qu’elles ont perdu les élections, ou que lorsqu’il y aura des financements internationaux pour démontrer qu’elles travaillent », assène alors Thierry Rakotonarivo.

Le président de la Ceni insiste sur le fait que la fiabilité de la liste électorale est un des piliers de la crédibilité des élections. Thierry Rakotonarivo affirme qu’en 2027 se tiendront le référendum constitutionnel et les élections générales. Afin de convaincre son assistance d’hier de s’inscrire dans la liste électorale, il souligne donc que ne pas y figurer signifiera perdre son droit d’être candidat, observateur, de voter durant ces scrutins, ainsi que de contester les éventuelles défaillances.

Bien que le discours du patron de la Ceni à Talata Volonondry ait été surtout sur un ton pédagogique, une section de son allocution a eu une portée politique. La section en question est celle où il a expliqué les impératifs pour pouvoir être inscrit dans le registre des électeurs. Il s’agit de la condition d’être de nationalité malgache qu’il souligne comme étant « la première condition pour pouvoir être inscrit dans la liste électorale ».

Thierry Rakotonarivo déclare alors : « Il faut être impérativement de nationalité malgache. Un ressortissant étranger, ou quelqu’un qui n’a plus la nationalité malgache, ne peut pas être inscrit dans la liste électorale ». Bien que le sujet n’ait pas été directement dit, les oreilles avisées dans l’assistance et les observateurs ont fait le rapprochement avec le cas d’Andry Rajoelina, ancien président de la République.

L’ancien Chef d’État a été déchu de sa nationalité malgache par les autorités de la Refondation. À s’en tenir aux propos du président de la Ceni, hier, il pourrait être compliqué pour l’ancien locataire d’Iavoloha de s’inscrire dans la liste électorale, en raison du débat sur sa nationalité. Une absence du registre des électeurs risquerait, par conséquent, de compromettre une éventuelle intention de briguer un nouveau mandat électif.

Garry Fabrice Ranaivoson

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