Harold Tavares, administrateur de la Banque mondiale, est en visite officielle à Madagascar. Des rencontres avec les hauts responsables de l’État et des déplacements sur le terrain figurent à son programme.
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| Harold Tavares, administrateur du Groupe de la Banque mondiale. |
Une tournée de routine. C’est ainsi qu’est présentée la visite officielle de deux jours qu’effectuera Harold Tavares, administrateur représentant le groupe Afrique II au Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale. Cette visite débute ce jour. L’objectif affiché est d’évaluer, sur le terrain, les retombées des actions menées par l’institution financière.
Cette visite a été annoncée hier dans un avis aux médias. Harold Tavares rencontrera le Premier ministre, des membres du gouvernement ainsi que le gouverneur de Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), la Banque centrale de Madagascar. « La visite comprendra également plusieurs déplacements sur le terrain afin de découvrir les résultats concrets des projets soutenus par le Groupe de la Banque mondiale dans des secteurs clés pour le développement du pays, notamment l’eau, l’énergie et le développement urbain », indique l’avis remis à la presse.
Au-delà de son caractère protocolaire, cette visite doit permettre à Harold Tavares de s’enquérir des réalités du terrain et d’apprécier les résultats des financements engagés par la Banque mondiale. L’avis aux médias souligne par ailleurs son rôle au sein de l’institution de Bretton Woods. « Le bureau de l’administrateur du groupe Afrique II représente vingt-trois pays africains au Conseil d’administration du Groupe de la Banque mondiale [dont Madagascar] », précise le document.
Toujours selon cet avis, Harold Tavares « participe aux décisions stratégiques du Groupe de la Banque mondiale et représente les intérêts des pays de sa circonscription. Il contribue notamment aux discussions sur les orientations de l’institution et à l’approbation des financements destinés à soutenir le développement des pays membres ».
Point faible
Au-delà du volet protocolaire, cette visite pourrait revêtir une dimension stratégique pour les autorités malgaches. Le Groupe de la Banque mondiale est l’un des principaux partenaires financiers de la Grande Île. Il finance seize projets dans des domaines allant de l’énergie et de l’accès à l’eau potable aux infrastructures routières et de transport, en passant par l’aménagement urbain, le renforcement du capital humain et le développement du secteur privé, pour une enveloppe totale de 3,8 milliards de dollars.
Les autorités pourraient ainsi profiter de ces échanges pour présenter les principaux axes de la Politique générale de la Refondation (PGR). L’objectif est de permettre à Harold Tavares de relayer à Washington les nouvelles priorités du pays afin que les futurs financements de la Banque mondiale puissent davantage s’y aligner. Cette visite constitue également une occasion de défendre le dossier de Madagascar dans un contexte de forte concurrence entre les pays pour l’accès aux financements internationaux, alors que les ressources disponibles se raréfient.
Toutefois, la Grande Île présente un point faible de taille : un taux de décaissement des financements jugé insuffisant. Une faiblesse que le docteur Herinjatovo Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, a reconnue lors d’une rencontre avec la presse au début du mois de mai. Les lenteurs et la lourdeur administratives figurent parmi les principales causes de cette situation. Un constat également partagé par le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, lors de son face-à-face avec les députés au début du mois de juillet.
Cette faible capacité de décaissement ralentit l’exécution des projets de développement. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre s’est engagé à lever les principaux obstacles administratifs afin d’accélérer la mise en œuvre des projets.
Garry Ranaivoson
