COUPURES D’ÉLECTRICITÉ - Le directeur général de la Jirama soupçonne un sabotage

Le général Hajatiana Rasolomanana, directeur général par intérim de la Jirama, a tenu une conférence de presse, hier, en fin de journée. Le rendez-vous avait pour but de faire part d’un soupçon de sabotage derrière les coupures intempestives d’électricité de ces derniers jours.

Le général Hajatiana Rasolomanana, directeur général par intérim de la Jirama. 

L’enquête est ouverte. C’est une des informations qui ressort de la déclaration du général Hajatiana Rasolomanana, directeur général par intérim de la Jirama, devant la presse hier, au siège de l’entreprise, à Ambohijatovo. Selon ses dires, il s’agit « d’une enquête mixte portant sur des faits suspects ». Il n’a pas directement prononcé le mot. Toutefois, à en juger par son intervention, il s’agit de soupçons de sabotage.

Les journalistes ont été contactés en début d’après-midi, en vue d’une conférence de presse qu’allait donner le patron de la société d’eau et d’électricité en fin de journée. Le décor a donc été planté dans la salle de réunion du siège de la Jirama. Pour l’occasion, le général Rasolomanana était entouré des membres du staff technique de la Jirama, ainsi que de représentants du syndicat du personnel.

« L’ensemble des responsables techniques et le syndicat du personnel sont présents ici avec moi. La raison est que nous estimons qu’il y a des faits suspects, qu’il y a une menace qui plane sur la Jirama, mais aussi qu’à chaque problème, la faute est rejetée sur l’entreprise », déclare l’officier général. Les soupçons de sabotage martelés par le patron de la société d’eau et d’électricité découlent, à l’entendre, d’un enchaînement d’événements qui se seraient déroulés ces derniers jours.

Le général Rasolomanana affirme que ces faits suspects se sont enchaînés après l’ouverture de l’enquête parlementaire sur les problèmes de la Jirama et la déclaration du colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, le 20 juillet. Dans cette déclaration, en marge d’un événement à Iavoloha, il a donné une semaine à l’entreprise Enelec pour résoudre les problèmes d’électricité à Toamasina, Antsiranana et Mahajanga. Des villes où elle est sous contrat avec la Jirama pour la production d’électricité.

Hier, le patron de la Jirama a parlé de l’existence d’un déficit de production d’électricité qui reste à combler à Toamasina et à Antsiranana. Il n’a toutefois pas parlé de ce que le chef de l’État ou la Jirama allait décider par rapport à la société Enelec, le délai d’une semaine qu’il a imparti étant arrivé à échéance. L’officier général s’est surtout appliqué à narrer les faits qu’il qualifie de suspects et qui auraient causé les longues coupures d’électricité de ces derniers jours.

Enquête mixte

L’officier général fait notamment part d’un événement, le 21 juillet, qui aurait amené la Jirama à procéder à un délestage sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA), en raison d’un déficit de production de 35 mégawatts. Un camion-citerne serait tombé en panne à l’entrée de la route menant vers les groupes thermiques TAC. Ce qui aurait empêché d’autres citernes devant approvisionner les machines de production d’électricité en carburant.

« Le camion-citerne n’a pu être dégagé que vers 23 heures. Ce n’est qu’après que les groupes ont pu être approvisionnés, mais l’heure de pointe pour la consommation était déjà passée », regrette le directeur général par intérim de la Jirama. Il a relaté au passage les différentes péripéties qui se sont déroulées avant que la route puisse être dégagée.

Le patron de la Jirama affirme ainsi que « ce qui s’est passé suscite des questionnements. Et une enquête est déjà en cours ». Puis survint le blackout sur la RIA, dimanche soir. Une coupure générale en raison d’un incendie qui s’est déclenché dans une cellule à moyenne tension qui se trouve juste en dessous des lignes qui transportent l’électricité produite par la centrale hydroélectrique d’Andekaleka, pour être injectée dans la RIA.

« Il n’y a jamais eu de cas similaire à ce qui s’est passé, hier [dimanche] », affirme le général Rasolomanana. « Tout ceci nous amène, nous, au sein de la Jirama, à affirmer que nous avons de fortes suspicions par rapport à ces cas suspects », ajoute-t-il. De prime abord, la Jirama, par la voix de son directeur général par intérim, soupçonne une velléité de « représailles », par le biais d’actes de sabotage.

Aussi, l’officier général parle d’une enquête mixte, menée conjointement par la police et la gendarmerie, sous la houlette du procureur général de la Cour d’appel d’Antananarivo, afin de faire la lumière sur ces faits qu’il dénonce comme étant suspects. Pareille enquête sur des soupçons de sabotage à la Jirama a, toutefois, déjà été déclenchée en janvier 2022. Si le général Rasolomanana parle d’une première, il fait probablement référence à la seule centrale d’Ambohimanambola.

Le 2 janvier 2022, en effet, un incendie a mis hors service un transformateur de 30 mégawatts, à la centrale hydroélectrique d’Andekaleka. Le feu, qui aurait été déclenché par « une explosion », avait entraîné, momentanément, l’arrêt total du site. Les jours qui s’ensuivirent, les doses de délestage étaient de deux à trois heures, deux à trois fois par jour sur la RIA. Les mots « sabotage, acte criminel, déstabilisation » avaient été prononcés par les autorités de l’époque, jusqu’au sommet de l’État. L’enquête annoncée s’est pourtant terminée en queue de poisson. 

Garry Fabrice Ranaivoson

2 Commentaires

  1. Le contexte est bien différent ! Sous couvert de mots doux pour le peuple Malgache avec ces enlèvements et meurtres , l'autre en fuite ne chôme pas en lançant ses petites mains pour les sales besognes !

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  2. oh, oh, oh, général Rasolomanana, si vous n'arrivez pas a faire demenager un camion...; et parlez des "sabotages", ai, ai ai, Madagascar est mal fichu.
    Vous arretez maintenant avec ça, svp; et assumez: vous et votre Kolonely sont incapables a resoudre la situation, pareil à vos prédesseurs: Dégagez maintenant.

    ===
    "Un camion-citerne serait tombé en panne à l’entrée de la route menant vers les groupes thermiques TAC.
    « Le camion-citerne n’a pu être dégagé que vers 23 heures. Ce n’est qu’après que les groupes ont pu être approvisionnés, mais l’heure de pointe pour la consommation était déjà passée »,
    Ce qui aurait empêché d’autres citernes devant approvisionner les machines de production d’électricité en carburant."

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