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| Aimé Johnson Rakotomalala, président de la Commission centrale des arbitres de rugby. |
Du football au rugby, en passant par le basketball, les décisions arbitrales continuent d’alimenter les polémiques. Derrière les erreurs réelles ou supposées, une crise de confiance s’installe.
Le coup de sifflet final ne met pas toujours un terme aux débats. Dans de nombreuses compétitions, il constitue parfois le début d’une autre rencontre, celle qui se joue en dehors du terrain, autour de l’arbitrage. Une faute non sifflée, un penalty accordé, un essai refusé ou une faute technique dans les dernières minutes peuvent suffire à alimenter les discussions pendant plusieurs jours. Sur les réseaux sociaux, les images sont décortiquées, les décisions commentées et les arbitres placés au centre des critiques.
Le phénomène n’épargne pratiquement aucune discipline. Au football, les penalties et les fautes litigieuses sont régulièrement contestés. Au rugby, des phases complexes comme le plaquage cathédrale, l’en-avant ou le hors-jeu peuvent donner lieu à différentes interprétations. Au basketball, la rapidité des actions et la multiplication des contacts rendent les décisions difficiles à prendre en une fraction de seconde. Dans tous les cas, le même reproche revient : l’arbitrage aurait influencé le résultat.
Cette perception est renforcée par le manque de moyens technologiques dans les compétitions locales. Sans assistance vidéo, les arbitres doivent assumer seuls leur jugement, et une erreur peut prendre une importance considérable dans un match serré.
Radiation et poursuites judiciaires
Mais l’absence de technologie ne justifie pas toutes les réactions. Même au plus haut niveau, où la vidéo est disponible, les polémiques persistent. Le problème dépasse donc la seule question de l’erreur humaine.
La véritable question est celle de la confiance. Lorsqu’un club estime que l’arbitrage lui est régulièrement défavorable, chaque décision devient suspecte. La frustration accumulée nourrit la défiance et transforme parfois l’arbitre en adversaire. Le dernier match de rugby à XV, barrage entre le FT Manjakaray et l’US Ankadifotsy, disputé dimanche au stade Makis d’Andohatapenaka, en est une nouvelle illustration.
Johnson Aimé Rakotomalala, dit Nest, président de la Commission centrale des arbitres auprès de Malagasy Rugby et formateur World Rugby, refuse toutefois de jeter le discrédit sur l’ensemble du corps arbitral. « Je ne défends pas bêtement les arbitres. Tous ceux qui ont des preuves sur le comportement des arbitres, partiaux ou parieurs, sont invités à nous les fournir. En cas de faits avérés, la sanction est immédiate, allant jusqu’à la radiation et aux poursuites judiciaires », affirme-t-il.
Selon lui, une partie du problème vient également de la méconnaissance des règlements.
Donné Raherinjatovo
