INDUSTRIALISATION - La transformation locale suit un chronogramme

Un Programme de Partenariat Pays entre Madagascar et l’Onudi a été lancé. L’objectif est de transformer localement les produits malgaches et de créer massivement des emplois.

Le lancement du PCP s’est tenu jeudi au CCI Ivato.

Alors que trois cent mille jeunes arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, la Grande Île veut miser sur une montée en compétences pour accélérer son développement industriel. C’est un nouveau pari qui vient d’être lancé avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (Onudi). Le Programme de Partenariat Pays (PCP) a été lancé jeudi. Il s’étend jusqu’en 2030.

L’objectif est de rassembler l’État, le secteur privé et les bailleurs de fonds autour des mêmes projets. 

« Ce n’est pas un projet, ce n’est pas un fonds, ce n’est pas une initiative isolée portée par une seule institution. Le PCP est une plateforme nationale qui inclut toutes les parties prenantes : public, privé, société civile, monde académique et surtout les partenaires au développement de Madagascar », indique Volatiana Rakotondrazafy, représentante de l’Onudi à Madagascar, lors du lancement du PCP jeudi, à Ivato.

L’objectif est de mobiliser des fonds pour soutenir la croissance industrielle et la transformation locale de la Grande Île. 

Opportunités

L’enjeu est aussi de créer des écosystèmes favorables aux investissements, tout en misant sur le capital humain. « Notre objectif est surtout de transformer localement nos produits bruts et de renforcer les chaînes de valeur. Pour cela, il nous faut améliorer l’accès à l’énergie, développer les infrastructures industrielles et accroître la compétitivité des entreprises », indiquait jeudi le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République. Selon le locataire d’Iavoloha, il s’agit d’un pas vers la refondation de l’économie nationale.

Le potentiel de la Grande Île est déjà connu. Ses ressources agricoles, minières et son capital humain sont déjà à disposition. Il ne reste qu’à transformer l’essai en retombées concrètes, selon les responsables. Les derniers rapports de la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement) font état d’un vide stratégique. La Grande Île a élargi son panier d’exportations depuis dix ans, mais principalement pour des produits à faible valeur ajoutée. La transformation locale est faible, voire inexistante.

Pour combler ce manque, le rapport de la Cnuced identifie 259 produits potentiels (dont 124 hautement prioritaires) répartis dans 23 secteurs industriels (agroalimentaire, plastiques, textile, chimie) afin de capter une valeur d’exportation de 1,1 milliard de dollars grâce à une industrialisation locale. 203 d’entre eux sont exportables et 48 sont substituables aux importations.

Ailleurs, le « Programme de Partenariat Pays » a permis à plusieurs pays d’accélérer leur développement industriel. L’Éthiopie a été l’un des premiers pays pilotes du PCP. Le programme s’est concentré sur le textile, le cuir et l’agroalimentaire. Il a abouti à la construction et à la mise en service de quatre parcs agro-industriels intégrés (IAIP) à Alula, Yirgalem, Bure et Baeker, qui ont ensuite attiré des investisseurs privés, créant des milliers d’emplois directs.

Au Sénégal, le PCP a soutenu le Plan Sénégal Émergent en ciblant les parcs industriels, l’agro-industrie et les hubs logistiques, tout en mobilisant le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Au Maroc, le programme a soutenu la transition de plusieurs zones industrielles vers des modèles plus écologiques (écoparcs industriels), améliorant la gestion de l’eau et de l’énergie pour les usines locales.

Selon Volatiana Rakotondrazafy, représentante de l’Onudi à Madagascar : « Le PCP représente une opportunité historique : une opportunité d’accélérer la transformation structurelle de l’économie, une opportunité de créer davantage d’emplois décents, surtout pour la jeunesse, et une opportunité d’accroître la valeur ajoutée nationale à partir des ressources du pays. »

Itamara Otton

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