À l’issue de l’enquête sur le meurtre de la petite Larissa, quatre suspects ont été arrêtés. La ville d’Ambositra s’est aussitôt embrasée.
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| Une vue de la maison incendiée. |
L’affaire a bouleversé la ville d’Ambositra. La découverte du corps sans vie d’une fillette de 11 ans, déjà en décomposition, au fond d’une fosse à purin, a profondément attristé et révolté la population. Les suspects arrêtés dans cette affaire ont été placés sous mandat de dépôt, mais la colère des habitants ne s’est pas atténuée et s’est traduite par le pillage et l’incendie de la maison de l’un des présumés responsables. Les troubles se sont poursuivis avant-hier jusque tard dans la nuit. Les forces de l’ordre et les autorités locales se sont efforcées de rétablir le calme.
La petite Larissa aurait dû fêter ses onze ans ce lundi. Elle a perdu la vie dans des circonstances particulièrement violentes.
Pour rappel, c’est le jeudi 30 avril que Larissa avait disparu. Ses parents avaient reçu des menaces accompagnées d’une demande de forte rançon en échange de sa libération. Sur les 30 millions d’ariary exigés, 4 millions avaient été versés. Malgré cela, la police a réussi à interpeller quatre suspects. L’affaire a été déférée à la justice et les responsables présumés placés en détention préventive. L’enquête n’avait alors pas encore été close, car l’enfant n’avait toujours pas été retrouvée.
La vérité éclate
« Lors de l’enquête, le premier accusé a réitéré les aveux qu’il avait déjà formulés devant la Police nationale, mais il n’avait pas révélé l’endroit où se trouvait l’enfant. C’est lors de l’enquête menée par la gendarmerie que les suspects ont avoué et indiqué l’emplacement où le corps de l’enfant avait été déposé. Il y a effectivement été retrouvé, avec ses vêtements et d’autres effets personnels », a expliqué un responsable du tribunal d’Ambositra.
C’est à Fasimena, dans le district d’Ambositra, que la dépouille a été découverte mercredi en fin d’après-midi. Le corps, déjà en état de décomposition avancée lorsqu’il a été extrait de la fosse, n’a pu être identifié que grâce à ses vêtements et à d’autres effets personnels.
La nouvelle s’est rapidement répandue, suscitant une vive émotion. La dépouille a été ramenée par la famille dans les rues de la ville d’Ambositra, jeudi. De nombreux habitants se sont joints au cortège. Dans la journée, la situation s’est envenimée. Une foule s’est dirigée vers la maison de l’un des suspects, l’a pillée puis incendiée. Le soir même, elle s’en est prise à la boutique appartenant à cette même personne, également pillée. Les forces de l’ordre ont dû recourir à des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.
Afin de préserver l’ordre public et de prévenir tout nouveau débordement, les autorités (OMC) ont décidé de transférer les quatre suspects vers les prisons d’Antanimora et de Tsiafahy dès le lendemain, sur instruction officielle. La Gendarmerie nationale, la Police nationale et l’administration pénitentiaire ont assuré conjointement leur transfert.
Nantenaina Njanahary
