MINI-PORTRAIT - Hassanein Hiridjee incarne un businessman culturel


Peut-on être à la fois architecte du capitalisme malgache et le gardien de son âme culturelle ?

Hassanein Hiridjee semble avoir décidé que oui.

Devant l’auditoire conquis de l’EHCP Business School, il développe avec enthousiasme sa manière de faire et de voir les affaires. Il explique qu’il faut obéir à un seul mot d’ordre :« Respecte ton marché ». Pour implanter le dernier produit financier du groupe Axian, il est même allé plus loin : « Respecte la tradition et la culture». En tenant ainsi compte du réseau informel qui fait déjà fonctionner l’économie réelle, il étend également ce respect aux hommes et aux femmes qui en vivent.

Ainsi naît Tisndai — en malgache, ty sy nday —, littéralement « tu donnes et tu reçois ». Il s’agit d’une plateforme digitale permettant l’échange d’argent, à la manière du takalo de nos ancêtres, revisité à l’heure du numérique.

L’approche pourrait surprendre si l’on ne connaissait pas déjà le lien étroit du businessman avec le monde de la culture. L’inattendu ne réside pas dans sa réussite économique — elle suit la logique presque classique d’un héritier brillant qui modernise et internationalise l’affaire

La particularité d’Hassanein Hiridjee — membre de la communauté indienne des Khojas, installée à Madagascar depuis la fin du XIXe siècle, prospère, discrète, longtemps perçue comme économiquement intégrée mais culturellement en retrait du récit national malgache — est d’avoir choisi de défendre, à travers sa Fondation H, une culture et un patrimoine qui n’est pas, au sens strict, le sien d’origine, mais qu’il revendique pleinement.

En écoutant Hassanein Hiridjee parler affaires comme d’autres pourraient parler livre, tableau ou sculpture, tout semble couler de source : il faut faire société, il faut faire avec la société.

Rondro Ramamonjisoa

1 Commentaires

  1. Ce mec avec son pote AKBARALY représentent ce qu’on pourrait détester comme hommes d’affaires cupides avec des tentacules prédateurs . Ils représentent de vrais poisons pour l’économie de ce pays . Et dire que les dirigeants de la refondation jouent une mauvaise partition en ciblant uniquement la société Henri Fraise dans les combines sulfureuses avec la Jirama tout en ménageant ces « mauvais » karama !

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