La trêve politique de la semaine sainte n’a pas lieu. Entre une affaire de tentative de coup d’État, des réunions à répétition et un show politique annoncé ce jour à Fianarantsoa, la ferveur de Pâques passe au second plan.
| Malgré le contexte politique, pas question pour les familles de renoncer aux festivités du week-end pascal. |
Point de trêve pour Pâques. Les faits durant cette semaine sainte le démontrent. La politique impose en effet ses droits, occultant ferveur spirituelle et préparatifs des festivités du week-end pascal.
Les discours interposés de Marc Ravalomanana, ancien président de la République, à Mahajanga, le 28 mars, et du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, à Moramanga, le 29 mars, ont donné le ton. Des allocutions dont certains passages ont été interprétés par une partie de l’opinion publique comme des passes d’armes à distance. Face à ses partisans, le patron du parti « Tiako i Madagasikara» (TIM) a pointé du doigt « les tergiversations » du pouvoir de la Refondation.
Dans son allocution à l’occasion de la commémoration du 29 mars 1947, à Moramanga, le Chef de l’État a, quant à lui, fustigé ceux qui critiquent son administration, s’interrogeant s’il s’agirait de ressentiment « puisque vous n’aviez pas obtenu de siège ». Il a notamment prononcé la phrase : « Laissez la place aux jeunes », en ajoutant : « Laissez la gestion des partis politiques aux jeunes. » Des mots que certains ont pris comme une réplique à Marc Ravalomanana.
Dès le lendemain, le 30 mars, de virulentes querelles entre les partisans respectifs des deux personnalités ont inondé le réseau social Facebook, au point d’amener le chef de file du TIM à effectuer une sortie médiatique le 31 mars pour calmer le jeu. Il a alors affirmé son soutien aux tenants du pouvoir, tout en indiquant, néanmoins, que lui et son parti sont des balises au respect du chronogramme de la Transition. Ce qui a visiblement suffi à calmer ses partisans et à taire les querelles sur la toile.
Show politique
Pour Marc Ravalomanana, jouer l’apaisement semble aussi avoir été une manière de ne pas contrecarrer la reprise des activités du groupe Tiko, matérialisée par la réouverture du magasin Magro, à Behoririka, jeudi. La soirée du Jeudi saint a justement été marquée par une information hautement politique. Il s’agit de l’inculpation de treize personnes dans une affaire de tentative de coup d’État et d’assassinat du locataire d’Iavoloha.
Selon Narindra Navalona Rakotoniaina, procureur de la République près du Tribunal de première instance (TPI) d’Antananarivo, sur ces treize personnes, onze sont placées en détention préventive. Un officier général et le colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur du Bureau des doléances à la présidence de la Refondation de la République, font partie des accusés. Introuvable depuis plusieurs semaines, ce dernier pourrait être l’une des deux personnes sous le coup d’un mandat d’arrêt.
La déclaration du colonel Rakotomamonjy, publiée sur Facebook dans la soirée du 1er avril, a justement contribué à alourdir l’atmosphère politique durant cette semaine sainte. Une fois de plus, il peste contre des responsables étatiques qu’il accuse de dérives et d’abus. La semaine a également été bercée par les réunions et les déclarations d’entités et de personnalités politiques qui voient en cette période de Transition une occasion de revenir au-devant de la scène et ainsi s’aligner en tête de gondole durant les débats de la concertation nationale.
Sur le plan politique, la semaine sainte sera conclu par un événement annoncé comme un show politique, précédé d’une série d’inaugurations, à Fianarantsoa. Le colonel Randrianirina, accompagné de son épouse et d’une forte délégation gouvernementale, est sur place depuis hier. En parlant de festivités, si les péripéties politiques dominent l’actualité, elles n’empêchent pas pour autant les citoyens de s’atteler aux préparatifs de Pâques.
Pour les habitants d’Antananarivo, plusieurs familles profitent du week-end pascal pour s’évader dans des villes comme Antsirabe et Ampefy. Plusieurs événements culturels pour égayer le lundi de Pâques sont à l’affiche. Les croyants ne désemplissent pas non plus dans les églises durant les soirées de cette semaine sainte. Il est certain que les lieux de culte feront le plein demain, dimanche de Pâques, jour de la Résurrection du Christ.
Un lien avec le détournement du Fonds souverain
Selon la Garde des sceaux, il y a un lien entre le présumé détournement de 20 milliards au Fonds souverain malagasy (FSM) et le financement de cette tentative de coup d’État. Une somme de 20 milliards d’ariary qui aurait été prévue pour financer l’opération aurait en effet été découverte durant l’enquête. La ministre Ernaivo affirme que l’ancien responsable du FSM fait partie des accusés dans cette affaire. L’existence d’un « détournement de 20 milliards d’ariary en un mois » au sein du FSM a été révélée par le colonel Randrianirina dans son discours durant la présentation du gouvernement. L’ancien directeur du FSM, accusé de ce détournement, est un officier général retraité.
Garry Fabrice Ranaivoson
Et dire que certains sont heureux de voir ce qui nous arrive. Les chefs veulent rester chefs et les sous-chefs veulent devenir chefs ... Et cela risque de durer longtemps !!! Pendant ce temps le peuple risque d'avoir faim ... et soif !!! Les jeunes ne sont pas prêts de se faire entendre, c'est sûr !!! Vive la Révo...Refon ... heu heu !!!
RépondreSupprimerSi on veut comprendre ce qui se passe chez nous : Faut lire "La grande repentance" de François-Xavier Freland pour bien comprendre ce que nous sommes en train de devenir .... Faudra pas pleurer ... plus tard !
RépondreSupprimerLe bâtard fait des pleurnicheries histoire de remonter le moral avec son gourou le tyran sanguinaire en fuite qui est définitivement dans les poubelles de l'histoire !
SupprimerFaire correspondre le religieux apolitique et la politique politicienne nécessite magnanimité et humilité.
RépondreSupprimerDeux éléments ,lesquels semblent faire défaut au puzzle pour la refondation.
Deux reflets voilés par un panache d'ego éblouissant mais à impact négatif pour le vulgum peccus. Se livrer à une chasse aux sièges et aux fauteuils ne peut arrondir les angles de la pauvreté.
Voici un leg qui risque de s'effectuer mécaniquement au détriment de cette jeunesse servant de faire-valoir mais cocufiée à chaque coup. Car si jeunesse il y a; c'est que adultes et vétérans sont passés et trépassés.
Gardons - nous de lui faire un bébé dans le dos.