INFRASTRUCTURE HYDRAULIQUE - GRAND TANA - Cent cinquante-sept fuites d’eau détectées

Des pertes d’eau importantes sont constatées dans le Grand Antananarivo en raison des fuites sur un réseau vétuste. Des actions urgentes sont engagées.

Thiibault Baccherini, responsable technique  chez Ax’eau (au centre).

Le réseau d’eau potable du Grand Antananarivo continue de perdre chaque jour des volumes importants en raison de sa vétusté. Une campagne de détection menée ces derniers mois a permis d’identifier 157 fuites sur 195 kilomètres de conduites, mettant en lumière l’ampleur des défaillances qui affectent l’approvisionnement de la capitale et de sa périphérie.

Quatre mille mètres cubes d’eau seraient perdus quotidiennement à cause des fuites. C’est ce qu’a indiqué, hier, Ranto Rakotonjanahary, coordonnateur du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable (PAAEP), lors de la présentation des résultats d’une campagne de détection conduite par la société Ax’eau dans le Grand Antananarivo, au Novotel Ivandry.

« Au total, 157 fuites ont été détectées sur les 195 kilomètres parcourus. Des anomalies ont été relevées tout au long du réseau, avec, par endroits, une pression insuffisante », a précisé Thibault Baccherini, responsable technique chez Ax’eau, spécialisée dans la gestion et l’optimisation des réseaux d’eau.

Pendant deux mois, les techniciens de l’entreprise ont inspecté près de 200 kilomètres du réseau de distribution. Cette opération a permis de localiser de nombreux points de fuite, visibles ou souterrains, et de dresser une cartographie plus précise des pertes. Au-delà du diagnostic, l’objectif affiché est d’améliorer la pression et l’acheminement de l’eau vers les usagers.

Le constat met une nouvelle fois en évidence l’état de dégradation avancée des conduites. Selon les responsables du projet, la vétusté du réseau explique en grande partie la multiplication des fuites.

Une distribution irrégulière

 En moyenne, près d’une fuite a été repérée par kilomètre parcouru. Les défaillances ne concernent pas uniquement les canalisations, mais aussi les équipements situés au niveau des captages, des stations de surpression et d’autres ouvrages.

Pour les abonnés de la Jirama, les conséquences sont concrètes. Dans plusieurs secteurs, certains ménages autrefois alimentés ne reçoivent plus d’eau régulièrement, tandis que la pression devient insuffisante pour assurer une distribution normale.

Face à cette situation, des mesures sont annoncées à court et à moyen terme. Dans le cadre du PAAEP, le remplacement de 64 kilomètres de conduites est prévu dans un délai de deux ans. Les travaux doivent notamment concerner les canalisations partant de Mandroseza vers Antananarivo et plusieurs communes périphériques.

Au-delà des pertes dites commerciales, déjà visées par des mesures comme le remplacement de compteurs vétustes, les fuites pèsent sur l’équilibre financier de la Jirama et aggravent les difficultés de distribution dans plusieurs zones du Grand Antananarivo.

Mialisoa Ida

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