POLICE DES MŒURS - Cinquante-sept victimes de violences portent plainte

Viol, attouchements, violences physiques, mauvais traitements ou abandons pécuniaires : en mars, cinquante-sept plaintes liées à des violences basées sur le genre ont été enregistrées par le service central de la Police des mœurs et de la protection des mineurs d’Anosy.

La police des mœurs et de la protection des mineurs lors d’une opération de sensibilisation.

Le service central de la Police des mœurs et de la protection des mineurs (SCPMPM) d’Anosy a recensé, au mois de mars, cinquante-sept plaintes liées à des violences basées sur le genre (VBG).

Selon les éléments communiqués, certaines affaires ont donné lieu à des enquêtes suivies de défèrements au parquet, tandis que d’autres sont restées au stade de plaintes de réserve. Les faits signalés recouvrent des situations diverses : un enlèvement d’enfant, trente cas de coups et blessures volontaires, deux affaires d’adultère et de complicité, quatre cas de mauvais traitements sur enfants, deux cas de violences et voies de fait, quatre abandons pécuniaires, quatre autres cas de mauvais traitements, deux viols, un cas de harcèlement moral, cinq cas de détournement de mineur, une incitation de mineur à la débauche et un attouchement sexuel.

Les autorités judiciaires rappellent régulièrement la nécessité de signaler ces violences, malgré les craintes, les pressions sociales ou les arrangements informels qui entravent encore le dépôt de plainte.

Castration 

 La prise en charge est assurée par le SCPMPM d’Anosy, la direction de la PMPM de Tsaralalàna, la Brigade féminine de proximité ainsi que le Centre Vonjy, où des policiers conduisent également des enquêtes.

Les campagnes de sensibilisation insistent sur la récurrence des violences, en particulier sexuelles, et sur le risque de récidive chez certains auteurs, malgré une apparente insertion sociale. Les intervenants évoquent ainsi un cycle de violences que les dispositifs de prévention peinent encore à enrayer.

Un magistrat, cité sous couvert d’anonymat, affirme que la législation ne tolère pas les violences basées sur le genre. Selon lui, la politique pénale prévoit un mandat de dépôt systématique pour les auteurs présumés, en particulier dans les affaires de crimes sexuels.

Il rappelle par ailleurs que la peine de castration chirurgicale demeure prévue pour les viols commis sur des enfants de moins de 10 ans. Dans les faits, cette sanction reste toutefois exceptionnelle. Les procédures débouchent plus souvent sur des qualifications d’attentat à la pudeur avec violence, passibles de travaux forcés, ce qui contribue à expliquer la rareté de telles condamnations.

Le magistrat souligne également que cette peine ne peut être prononcée qu’en présence d’éléments de preuve jugés irréfutables. Il cite, à ce titre, l’affaire Da-Willy, dans laquelle, selon lui, les témoignages, les constats médicaux et les aveux de l’accusé avaient lourdement pesé dans l’appréciation des faits.

Gustave Mparany

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