Des organisations de la société civile et des mouvements de jeunes alertent sur des signaux préoccupants dans la conduite de la transition. Ils dénoncent un recul des libertés.
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| Les organisations de la société civile et les mouvements de jeunes lors de la lecture de leur communiqué à Ambatonakanga, hier. |
Un signal d’alarme. Dans un communiqué intitulé «Appel urgent à une transition concertée, transparente et inclusive et à des réformes des institutions», plusieurs organisations de la société civile (OSC) et des mouvements de jeunes font part de «constats préoccupants» quant à la gouvernance de la refondation de la République.
Ils dénoncent le maintien de « personnes et d’institutions inefficaces », ou encore « le gaspillage de ressources publiques à travers des missions coûteuses », ainsi que «la persistance de l’absence de transparence favorisant la corruption à tous les niveaux». Toutefois, « la plus grave », selon eux, est « le recul de la liberté d’expression et de manifestation et le retour de pratiques
d’intimidation, de menaces et d’arrestations arbitraires contre les voix discordantes ou critiques, ainsi que le retour au culte de la personnalité, qui ouvre la porte à des dérives autocratiques ».
Les signataires de la missive « expriment également leur vive inquiétude face à l’absence d’avancées concrètes de la refondation ». Selon eux, « la gouvernance de transition pour la refondation demeure floue, marquée par des tâtonnements, des décisions unilatérales et un manque presque total de transparence ». Ils regrettent que, six mois après la prise de pouvoir par les militaires, « aucune transformation tangible des méthodes de travail ni des institutions en faveur de la bonne gouvernance du pays n’est observée, en dehors de beaux discours peu suivis d’effets ».
Mesures urgentes
Afin que la gouvernance de la transition aille dans ce qu’ils estiment être le droit chemin, les organisations de la société civile et les mouvements de jeunes ayant adhéré au communiqué publié hier « insistent et appellent à des mesures urgentes ». Elles sont au nombre de sept. En tête de la liste de ces mesures figurent les principales revendications de la Gen Z, qui est redescendue dans la rue au début du mois.
Il s’agit de « l’organisation rapide d’une pré-concertation inclusive », dans le but de définir « une feuille de route claire de la transition ». Selon leurs explications, cette pré-concertation devra aussi aboutir à l’adoption d’une « charte de la transition pour la refondation », un acte dont l’effet serait la suspension de la Constitution et la mise en place de nouvelles institutions en remplacement de celles prévues par la loi fondamentale.
Dans la liste des mesures urgentes que les signataires du communiqué d’hier requièrent figure également « la priorisation et l’implication effective des jeunes, avec au moins 30 % de représentation dans les structures et instances décisionnelles de la transition ».
En conclusion de leur missive, les OSC et mouvements de jeunes estiment qu’« un dirigeant engagé pour la justice et la refondation ne peut réussir qu’en opérant une rupture avec les pratiques et les institutions ayant grandement contribué à la dégradation du pays et à l’appauvrissement de ses populations ».
Garry Fabrice Ranaivoson
