Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine exhorte les autorités à respecter strictement la durée de vingt-quatre mois de la Transition. Il se dit, par ailleurs, préoccupé par les évolutions politiques récentes, citant le limogeage du Premier ministre.
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| Photo d’une réunion à la salle plénière de l’Union africaine, à Addis-Abeba. |
Décide de rester activement saisi de la question». C’est par cette phrase que le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) conclut son communiqué publié hier. Cette missive rapporte la teneur de sa 1335e réunion qui s’est déroulée le 10 mars, sous le thème « Point de situation à Madagascar ».
Le CPS de l’organisation continentale affirme « accueillir favorablement » la présentation du Programme de la Refondation de la République, le 28 février. S’en tenant au chronogramme inscrit dans ce document, l’organe de décision permanent pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits de l’UA « exhorte les autorités malgaches à respecter scrupuleusement le calendrier de transition fixé à vingt-quatre mois (...) ».
Le Programme de la Refondation de la République a été remis à une délégation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), le 28 février, à Iavoloha. À lire le document, la Transition conduite par le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, durera vingt-quatre mois, à compter de janvier 2026. Il prévoit quatre phases qui devront être concrétisées en vingt-deux mois à partir de ce mois de mars.
La première phase, intitulée « Concertation nationale souveraine », prévoit une série de concertations sur différents sujets. Il y a ensuite « la Refondation de la gouvernance électorale », dont l’objectif affirmé est de s’assurer de la crédibilité des élections à venir. La troisième phase est la rédaction du ou des projets de Constitution. La dernière phase est l’organisation des élections, dont un référendum ou une élection constitutionnelle et la présidentielle.
« Les échéances de mise en œuvre du processus de la Refondation, déterminées dans les quatre phases d’activités inscrites dans le présent Programme de la Refondation de la République de Madagascar, sont fixées à vingt-quatre mois», indique la conclusion du document portant Programme de la Refondation de la République, en ajoutant : « elles sont susceptibles de révision en fonction des changements imposés par la conduite des affaires nationales ».
En réponse, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA semble vouloir faire preuve de fermeté en exhortant le respect du délai de vingt-quatre mois. De plus, la SADC, à qui le Programme de la Refondation de la République a été remis, ne s’est pas exprimée sur le sujet jusqu’à l’heure. Le communiqué du CPS rapporte qu’il prend note de la déclaration du représentant de la République du Malawi, président de l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de l’organisation régionale.
Ordre constitutionnel
Le Conseil de paix et de sécurité de l’organisation continentale affirme respecter l’indépendance et la souveraineté de Madagascar. Il affirme agir en vertu de l’article du Protocole qui l’institue. Cette disposition prévoit, entre autres, que le CPS « (...) impose, conformément à la Déclaration de Lomé, des sanctions chaque fois qu’un changement anticonstitutionnel de gouvernement se produit dans un État membre ».
Dans une décision actée le 15 octobre, soit au lendemain de la prise de pouvoir par les militaires conduits par le colonel Randrianirina, le CPS a suspendu Madagascar de toutes les activités au sein de l’UA. Depuis, l’organisation continentale semble avoir atténué sa position. La teneur des échanges et des relations entre la Grande île et l’organisation continentale est constatée.
Cependant, comme l’a souligné Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial de l’UA pour Madagascar, à l’issue de sa rencontre avec le locataire d’Iavoloha, à sa résidence à Ivandry, le 2 février, les sanctions de l’UA ne seront levées qu’une fois l’élection présidentielle faite. Dans sa missive publiée hier, le CPS martèle que l’objectif des vingt-quatre mois de Transition doit être de « rétablir l’ordre constitutionnel ».
Aussi, l’organe permanent de l’UA « se déclare profondément préoccupé » par le limogeage de Herintsalama Rajaonarivelo, ancien Premier ministre, « son impact potentiellement négatif sur le processus de transition (...) ». Alors que les surenchères autour de la nomination du futur chef du gouvernement et de la composition de son équipe s’intensifient, le CPS demande aux autorités de « veiller scrupuleusement à ce que le processus de transition soit inclusif, pluraliste, multipartite, progressiste et transparent ».
Sur sa lancée, le Conseil de paix et de sécurité exhorte aussi les autorités de la Refondation « à rechercher le consensus le plus large possible en ce qui concerne l’organisation du dialogue national, qui doit être aussi inclusif que possible et associer toutes les parties prenantes ». Il appelle ainsi « à la libération sans condition de tous les détenus politiques ».
Avant de conclure son communiqué, l’organe permanent de l’UA annonce « une mission de terrain à Madagascar (...) ». Par ailleurs, « en vue du rétablissement réussi de l’ordre constitutionnel », le CPS réaffirme « la nécessité d’une coopération, d’une coordination, d’une harmonisation et d’une complémentarité accrues entre l’UA, la SADC et la Commission de l’océan Indien (COI), ainsi que d’autres partenaires internationaux, y compris la nécessité d’assurer une communication et des approches communes à Madagascar ».
Garry Fabrice Ranaivoson

Un recadrage sans appel ! Les préoccupations compréhensibles de l'UA sur l'éviction manu militari en quelque sorte de Herintsalama Rajaonarivelo avec la probabilité d'une transition dilatoire ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd . Cette incitation ferme à respecter la durée de 24 mois de la période transitoire a été soufflée certainement par les bailleurs de fonds et les occidentaux avides d'ordre constitutionnel et de démocratie . Le Colonel au pouvoir s'enferme dans une impasse institutionnelle s'il doit respecter stricto sensu l'article 54 de la loi fondamentale sur la désignation d'un premier ministre dans un régime bicaméral . Mais les politicards opportunistes ne l'entendent pas de cette oreille et le poussent à commettre un premier grand pas de faute politique en présidentialisant l'essence du régime tout étant non élu ! Les vautours si on ne cite que cette dame son sulfureux directeur de cabinet et le PAN ne lui rendant pas la tâche facile . On affirme haut et fort que le pays court un grand danger avec le risque de l'instabilité face à des jeux politiques exécrables surtout ne minimisant pas la main de Moscou !
RépondreSupprimerEt oui, tout cela était prévisible et annoncé ici même le lendemain du coup d'état militaire. Le goût du pouvoir est trop fort, surtout si la force est de son côté. Avec en plus (comme annoncé ici même) une forte relation russo-malgache (comme c'est le cas au Mali, au Niger, au Burkina , ...) , ce n'est pas demain la veille que les choses évolueront ... N'en déplaise à Robespierre qui y croyait dur comme fer ... et qui (devenant "intelligent"), change son fusil d'épaule en comprenant mieux la situation .... Il n'est jamais trop tard !!!
RépondreSupprimerLe bâtard dans ses travers de miséreux décérébré !
SupprimerLe bâtard dans ses travers de miséreux décérébré !
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