La campagne de vaccination contre la Mpox est lancée. Elle cible cent trente mille personnes les plus exposées à la maladie.
![]() |
| Des professionnels de santé en file d’attente pour se faire vacciner contre la Mpox, hier. |
Plusieurs professionnels de santé du Centre hospitalier Soavinandriana (Cenhsoa), où une enfant a succombé à la Mpox le week-end dernier, ont procédé à la vaccination contre cette maladie, lors de la cérémonie de lancement officiel de la campagne dans cet hôpital, hier. « Mieux vaut se faire vacciner, car cette maladie est vraiment sérieuse », note un médecin qui travaille dans cet hôpital. Soixante personnes, majoritairement des professionnels de santé, ont effectué le vaccin lors de cette première journée, selon le ministère de la Santé publique. « C’est au-dessus de nos attentes », indique le Dr Tsivahiny Paubert, directeur du Programme élargi de vaccination.
Il veut écarter les craintes liées à ce vaccin. « De nombreux pays utilisent déjà ce vaccin. Il ne présente aucun risque. C’est un vaccin sûr. Le groupe technique consultatif pour la vaccination, qui regroupe tous les spécialistes malgaches, l’a validé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a approuvé », a-t-il déclaré.
Madagascar utilise le vaccin MVA-BN, fabriqué par le laboratoire Bavarian Nordic. Ce vaccin, produit depuis la fin des années 90, selon le Dr Tsivahiny Paubert, est déjà autorisé depuis 2013 dans l’Union européenne (UE) contre la variole humaine, et son extension pour la prévention de la variole du singe a été validée par l’Agence européenne du médicament et la Commission européenne, en 2022, selon Le Monde.
Prioritaires
Les États-Unis l’ont utilisé pour prévenir cette maladie depuis 2019. La République démocratique du Congo, où la Mpox est également en épidémie, la Centrafrique et les pays de l’Afrique de l’Ouest y ont recours. « Ce vaccin permet la production d’anticorps qui protègent contre la Mpox », précise ce médecin.
Dans cette campagne, cent trente mille personnes pourront se faire vacciner, grâce aux 30 000 doses de vaccins disponibles. Les personnes à risque dans les régions de Boeny et d’Analamanga sont prioritaires, selon le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo. Les agents de santé sont en première ligne dans cette campagne, ainsi que les personnes à risque âgées de plus de 12 ans, comme celles qui sont entrées en contact avec les malades en moins de quatre jours, les professionnels du sexe, les personnes vivant avec le VIH/Sida, les transporteurs, les camionneurs. Les vaccins sont disponibles dans les centres de santé de base (CSB).
Entre le mois de décembre 2025 et le 03 mars 2026, 1086 cas de Mpox avaient été signalés dans plusieurs régions du pays et 474 cas ont été confirmés, selon le ministère de la Santé publique. La majorité des cas sont concentrés au Nord-Ouest. « L’introduction du vaccin constitue une étape importante dans la stratégie nationale de lutte contre la Mpox, aux côtés des autres mesures déjà mises en œuvre par le gouvernement : surveillance renforcée, prise en charge des cas et sensibilisation des populations aux mesures de prévention », selon un communiqué de presse conjoint du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), de l’OMS et du ministère de la Santé publique.
Miangaly Ralitera
