UNION AFRICAINE - Razanamahasoa plaide la cause malgache

Jusqu’ici, la Grande Île est suspendue des activités de l’Union africaine. Néanmoins, la ministre des Affaires étrangères a effectué un lobbying diplomatique en marge du Sommet qui s’est tenu à Addis-Abeba.

La  ministre Christine Razanamahasoa en photo avec  son homologue djiboutien, Abdoulkader Houssein Omar.

Plaider la cause malgache. C’est l’objectif de la présence de Christine Razanamahasoa, ministre des Affaires étrangères, à Addis-Abeba, dans le cadre d’une mission en marge du 39e Sommet de l’Union africaine (UA), la semaine dernière.

Sur instruction du Chef de l’État, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères, « cette mission de haut niveau a pour objectif de maintenir une présence diplomatique soutenue et d’intensifier les actions de plaidoyer et de lobbying engagées depuis le début de la refondation ». Depuis la prise de pouvoir des militaires, en octobre 2025, et jusqu’à l’heure, Madagascar est en effet suspendu des activités de l’Union africaine.

Selon les informations, la ministre Razanamahasoa a ainsi enchaîné les rencontres de haut niveau en marge du Sommet d’Addis-Abeba afin d’éclairer les pays membres sur la situation dans la Grande Île. Vendredi, la cheffe de la diplomatie malgache a rencontré son homologue djiboutien, Abdoulkader Houssein Omar. « Le ministre des Affaires étrangères de Djibouti a assuré du soutien de son pays au processus et aux autorités de la Refondation ainsi qu’à la mission de l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine », rapporte la missive faisant écho de la rencontre.

Feuille de route

Ce tête-à-tête de Christine Razanamahasoa avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale djiboutien n’est pas anodin. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, est également djiboutien. Néanmoins, il est probable qu’obtenir la réhabilitation de la Grande Île auprès des instances de l’organisation continentale prenne du temps, à la lecture du communiqué de presse de son 39e Sommet.

La missive de l’UA publiée hier rapporte que « les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé l’engagement indéfectible de l’Union en faveur de la tolérance zéro pour les changements inconstitutionnels de gouvernement et ont réitéré leur détermination de faire taire les armes en Afrique (...) ». À l’issue de sa rencontre avec le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, le 2 février, Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial du président de la Commission de l’UA, a été franc sur le fait que « [c’est] cette élection présidentielle [qui] verra les sanctions contre Madagascar levées».

Une rencontre entre Mohamed Idriss Farah et Elias Magosi, secrétaire exécutif de la Communauté de développement des États d’Afrique australe (SADC), s’est tenue en marge du Sommet de l’UA, pour parler du dossier Madagascar. Elias Magosi a ainsi expliqué que « la SADC avait choisi de travailler de manière constructive avec les autorités intérimaires pour faciliter les réformes et préparer le terrain pour les élections plutôt que de recourir à la suspension, afin de soutenir une résolution durable et prise en charge par les pays ».

Toutefois, le secrétaire exécutif de la SADC rappelle que « le gouvernement de refondation devrait présenter un rapport d’ici à la fin du mois de février faisant état des progrès réalisés dans les réformes convenues ». Elias Magosi ajoute également « (...) qu’une feuille de route claire est envisagée pour guider les réformes institutionnelles et la transition vers un régime civil, qui culminera par des élections crédibles et inclusives ».

Garry Fabrice Ranaivoson

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