Trois religions, une même source

On les oppose, on les instrumentalise, on leur attribue tous les maux de la Terre tout en leur reconnaissant, paradoxalement pourtant, une vertu cathartique. L’alignement du mois lunaire de deux des trois grandes religions monothéistes n’est pas passé inaperçu cette année. Faut-il y voir un signe ?

Le christianisme et l’islam partagent avec le judaïsme un socle commun que l’histoire, les conflits et les incompréhensions rendent parfois difficiles à distinguer. Derrière les différences de rites, de pratiques et d’interprétations, il serait malhonnête, ne serait-ce que du point de vue intellectuel, de nier qu’elles puisent à une même source spirituelle.

D’abord, elles affirment toutes la foi en un Dieu unique, créateur de l’univers, juste et miséricordieux. Cette unicité divine constitue leur fondement commun et leur première similitude. Le Dieu d’Abraham, figure centrale des trois traditions, incarne cette foi originelle transmise de génération en génération. Il est reconnu comme patriarche par les juifs, les chrétiens et les musulmans.

Ensuite, les trois religions s’appuient sur des textes sacrés étroitement liés. La Torah, la Bible et le Coran relatent une histoire spirituelle continue, marquée par les mêmes figures prophétiques. Moïse, Jésus et Mahomet y occupent des rôles majeurs, chacun reconnu, à des degrés divers, par les autres traditions.

Sur le plan moral, les convergences sont tout aussi évidentes. Les trois religions prônent la justice, la compassion, la solidarité et le respect de la vie humaine. Elles condamnent le meurtre, le mensonge et l’injustice, et appellent à l’amour du prochain, à l’aumône et au pardon. Le Décalogue, la morale évangélique et les enseignements coraniques portent un message éthique largement partagé.

Enfin, judaïsme, christianisme et islam nourrissent une même espérance : celle d’une responsabilité humaine devant Dieu, d’un jugement dernier et d’une vie après la mort. Cette vision commune confère à l’existence humaine un sens, une finalité et une exigence morale.

Reconnaître ces similitudes ne signifie pas nier les différences. Mais rappeler ce qui unit peut contribuer à apaiser les tensions et à favoriser le dialogue. Dans un monde de plus en plus incertain, de plus en plus tendu, de plus en plus fragile, où les réponses que l’on tente d’apporter génèrent encore plus de questions, il est important de se rappeler ces choses essentielles. Alors oui, prenons-le comme un signe. Car une même lune sous différents cieux et la bienveillance des étoiles devraient logiquement appeler à plus de sérénité et faire taire tout ce brouhaha géopolitico-médiatique qui nous entoure.

Rondro Ramamonjisoa 

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