TOAMASINA - Témoignages

Plusieurs familles ont été frappées sur deux fronts

En plus des dégâts causés par le cyclone Gezani, plusieurs ménages ont été victimes de vols durant le sinistre. Alors qu’ils avaient fui leurs maisons pour se mettre à l’abri, certains biens ont été dérobés en leur absence. « Notre maison, construite en tôles, a été entièrement détruite par Gezani. Mais ce qui m’écœure encore davantage, c’est que les tôles ont été volées pendant que nous étions réfugiés loin de chez nous », témoigne Léonie, mère de famille à Ampanalana.

L’avenir s’annonce sombre pour cette dernière. « Je n’ai pas les moyens d’acheter de nouvelles tôles pour reconstruire ma maison, ni de remplacer les autres biens qui ont été volés cette nuit-là. Il ne me reste qu’une marmite, quelques vaisselles, des vêtements et des linges que j’ai pu récupérer. Les fournitures scolaires de mes enfants ont également été entièrement détruites par l’eau », confie-t-elle.

Léonie est consciente qu’elle ne pourra pas rester indéfiniment chez le voisin qui l’héberge actuellement. Ils sont déjà à trente dans cette petite maison. Mais elle ne sait pas où aller avec ses enfants. Comme elle, de nombreuses familles se retrouvent sans aucun lieu où se réfugier.

Un jour de désolation

Le réveil a été particulièrement éprouvant pour Bruno Vatsy, habitant d’Antanamakoa, hier matin. « Je suis sorti de chez moi vers cinq heures pour constater les dégâts. En voyant ma ville détruite à près de 80 %, je me suis senti très faible. La grande majorité des maisons ont été soit décoiffées, soit endommagées, soit totalement détruites. Même les habitations en dur, comme la mienne, n’ont pas été épargnées. J’ai dû prendre un moment de repos pour encaisser le choc, tant la situation était difficile », raconte-t-il.

Durant le passage du cyclone Gezani, Bruno Vatsy et sa famille se sont réfugiés dans leur cuisine, assis sur des chaises. 

« C’était le seul endroit où le toit n’a pas été arraché par les vents », poursuit-il.

Il souligne par ailleurs que les vents survenus après l’accalmie ont été particulièrement violents et ont persisté pendant plusieurs heures, aggravant encore les dégâts dans la ville.

Des familles prises au piège de Gezani à Toamasina

À Toamasina, les cris de peur, les pleurs et les appels à l’aide ont retenti dans le fracas des vents violents et des rafales pendant le passage du cyclone tropical intense Gezani. « Le visage trempé de larmes, le corps secoué par la peur, le cœur battant à tout rompre et le nom de Dieu sur les lèvres, nous avons cherché un endroit sûr pour nous abriter avec mon enfant de trois mois et mes sœurs, lorsque le temps s’est calmé vers 19h30 », raconte Nafé Josiane, jeune mère de famille à Tanambao V. Elles ont été prises au piège.

Alors qu’elles pensaient que le cyclone s’était éloigné, sur le chemin, le vent a recommencé à souffler très fort et la pluie s’est remise à tomber. « J’ai dû courir pour protéger mon bébé. Malheureusement, ma petite sœur a été portée disparue dans cette précipitation, sa main a lâché celle de mon autre sœur qui la tenait », poursuit-elle.

Heureusement pour cette famille, la petite sœur a été retrouvée dans un site d’hébergement, hier même, soulageant cette famille déjà éprouvée par la catastrophe et la perte de leur maison.

Miangaly Ralitera 

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