ÉNERGIE - Madagascar pose des conditions aux investisseurs

Madagascar accueille les investisseurs, mais fixe des conditions strictes pour ses projets énergétiques. Le pays mise sur des investissements durables, respectueux de l’environnement et bénéfiques pour les communautés locales.

Le colonel Michaël Randrianirina insiste sur des investissements responsables.

Madagascar est ouvert aux investissements, mais pas à n’importe quelles conditions. Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, l’a affirmé hier lors de la Semaine du développement durable à Abu Dhabi, devant des investisseurs internationaux et des représentants de gouvernements étrangers. Depuis cette tribune, il a présenté les grandes lignes de la politique énergétique du pays, axée sur la durabilité, la responsabilité et l’efficacité des investissements.

Parmi les exigences formulées, le colonel Randrianirina a précisé trois conditions majeures pour tout projet énergétique : le respect des normes environnementales internationales, l’application de standards techniques éprouvés, ainsi qu’une intégration respectueuse des communautés locales.

« Un projet énergétique qui ne respecte pas son environnement n’est pas durable, et un projet qui ne respecte pas les populations n’est pas viable. » Selon lui, ces critères permettent de filtrer les projets et de garantir que chaque investissement contribue réellement au développement économique et social du pays.

« Smart-Greening »

Le concept de « Smart-Greening », évoqué par le locataire d’Iavoloha dans son discours, illustre parfaitement cette approche. Plutôt que de se concentrer uniquement sur de nouvelles infrastructures coûteuses et longues à déployer, Madagascar mise sur l’hybridation des infrastructures existantes et sur des mini-réseaux pour les zones rurales isolées.

« Ne détruisons pas ce qui existe, transformons-le. Chaque mégawatt solaire injecté dans nos réseaux existants, c’est un milliard d’ariary économisé en fuel importé », a insisté le colonel Randrianirina.

Le projet récemment mis en place à Moramanga constitue un exemple concret de cette doctrine, selon le Chef de l’État. Dans cette localité, un parc solaire de 40 MWc a été intégré à une centrale thermique préexistante, réduisant l’usage de fuel lourd tout en optimisant les infrastructures déjà en place. Cette démarche permet non seulement de diminuer les coûts de production et la dépendance aux importations d’énergies fossiles, mais aussi de maximiser l’impact économique et social des projets pour les populations locales.

Autre exemple, cette fois dans le Grand Sud : des mini-réseaux solaires et hydrauliques ont été déployés, apportant un accès fiable à l’électricité à des villages auparavant isolés. Ces installations illustrent la manière dont Madagascar conditionne les investissements à des résultats tangibles : efficacité énergétique, retombées économiques et bénéfices sociaux.

Par ailleurs, le Chef de l’État a également précisé le type de partenariats attendus par Madagascar. Le pays exige davantage de réalisations concrètes que de simples promesses. Cela se traduit par des collaborations avec des acteurs capables de construire, d’exploiter et de transmettre des compétences, afin que chaque projet contribue pleinement au développement durable du pays.

Tsilaviny Randriamanga

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