TOAMASINA - Les prix des matériaux de construction flambent

Après le cyclone, la reconstruction s’annonce difficile pour les sinistrés à Toamasina. La rareté des matériaux, l’augmentation de leurs prix et les longues files d’attente ralentissent la remise en état des habitations.

Le coût de la reconstruction après Gezani s’annonce problématique.

La crise des matériaux de construction s’aggrave à Toamasina. Dans cette ville durement frappée par le cyclone, de longues files d’attente se forment devant les quincailleries. « J’ai choisi ce magasin parce qu’il applique des prix normaux, conformément aux consignes de l’État. Mais il y a trop de monde. Je suis le 80e client, alors que je suis arrivé à 6 h 30 du matin », a témoigné hier Fidelys, un sinistré dont la maison a perdu sa toiture lors du passage du cyclone.

L’État a en effet conclu un accord avec certains quincailliers de la ville afin que les sinistrés puissent bénéficier de prix réduits sur les matériaux, la différence devant être compensée par les pouvoirs publics.

Cependant, cette mesure n’est pas appliquée partout. « Tous les quincailliers ne respectent pas cette réduction. Certains, au contraire, profitent de la situation pour augmenter leurs prix », déplore Félix, un autre résident.

Les hausses sont déjà visibles. Le kilo de pointes pour tôle, autrefois vendu 5 000 ariary, se négocie désormais entre 8 000 et 15 000 ariary. Les bois ronds, proposés à 3 000 ariary avant la catastrophe, coûtent au moins 5 000 ariary aujourd’hui. Quant à la tôle ondulée de trois mètres et d’une épaisseur de 0,25 mm, son prix est passé d’environ 25 000 ariary à près de 40 000 ariary.

Sans abri

Au-delà de cette inflation, les stocks commencent aussi à s’épuiser. « Nous n’avons plus de pointes pour tôle », confie un quincaillier du quartier d’Ambolomadinika, reconnaissant que les commerçants n’avaient pas anticipé une demande aussi forte et n’avaient pas prévu d’approvisionnements suffisants.

Face à cette situation, de nombreux sinistrés restent sans abri, plusieurs jours après la catastrophe. « Nous avons encore été mouillés la nuit dernière. Nous avons dormi sans toit, sous la pluie, et nos biens ont de nouveau été endommagés », se plaint Théodore Faniry.

Le président du fokontany de Morafeno 14/33, Joli-André Razafimamonjy, confirme que la majorité des sinistrés ne dispose toujours pas d’un abri sécurisé, en raison de la hausse des prix des matériaux et du faible pouvoir d’achat des ménages.

De son côté, le ministère du Commerce et de la Consommation annonce un renforcement du contrôle du marché à Toamasina. L’administration affirme que, selon ses constats, aucune augmentation de prix n’a été observée sur ces produits. Elle appelle les opérateurs économiques à ne pas tirer profit de cette catastrophe et prévient que la loi sera appliquée avec fermeté contre ceux qui persistent à le faire en cette période difficile.

Miangaly Ralitera

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