Le secteur pétrolier amont à Madagascar se réveille. Le pays cherche à attirer à nouveau les investisseurs internationaux tout en sécurisant son cadre juridique.
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| Le général de brigade Tsilavonjato Honoré Andriantaolo, directeur général de l’Omnis. |
Les autorités annoncent la mise en œuvre prochaine d’un nouveau code pétrolier, présenté comme un levier de modernisation et de relance des investissements dans les hydrocarbures. Lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’Office des Mines Nationales et des Industries Stratégiques (Omnis), le général de brigade Andriantaolo Tsilavonjato Honoré, a détaillé les grandes orientations de la réforme : « Un décret d’application sera publié prochainement afin de préciser les modalités d’intervention des opérateurs. Toute compagnie souhaitant exercer à Madagascar devra se conformer strictement aux nouvelles dispositions établies par l’Omnis. »
Jusqu’ici, le cadre juridique reposait sur l’ancien Code pétrolier adopté dans les années 1990. Ce code, basé sur des contrats de partage de production (CPP), permettait à l’État de conclure des accords avec des compagnies qui finançaient l’exploration en échange d’une part des hydrocarbures découverts. Il offrait des incitations fiscales, des permis de longue durée et une stabilité juridique destinée à protéger les investisseurs, mais il était jugé « peu actualisé face aux standards internationaux et générant des retombées économiques insuffisantes pour l’État ».
Le domaine minier national, incluant les hydrocarbures, est actuellement structuré autour de 170 blocs onshore. « Un seul d’entre eux, Tsimiroro, dispose actuellement d’un contrat en vigueur. » Plusieurs zones terrestres présentent pourtant des indices d’hydrocarbures confirmés, notamment à Bemolanga, Mahaboboka ou encore dans les régions de Miandrivazo et d’Ambanja, où « du gaz et du pétrole léger ont été identifiés ».
Selon les données communiquées, « plus de 80 % des puits d’exploration forés ont révélé des indices probants, signe d’un potentiel encore largement sous-exploité ».
Assainissement
En offshore, les bassins d’Ambilobe, de Mahajanga et de Morondava concentrent d’importantes perspectives, principalement gazières. Sur les 577 blocs maritimes recensés, « une large partie est actuellement disponible pour attirer de nouveaux investisseurs », chaque bloc couvrant en moyenne 2 000 km².
La réforme s’accompagne d’une opération d’assainissement. Dernièrement, « les autorités ont procédé à l’annulation de plusieurs titres d’hydrocarbures et de contrats conclus avec différentes compagnies. Dix-sept titres arrivés à expiration ont été supprimés, ainsi que quatre contrats de partage de production (CPP). »
Pour l’Omnis, « lorsqu’un contrat prend fin, le titre correspondant devient automatiquement caduc ». Cette clarification vise à renforcer la sécurité juridique et la gouvernance du secteur.
Le ministère en charge des Mines a également annoncé « la reprise de la délivrance des permis, suspendue depuis plusieurs années », une décision présentée comme un acte de relance stratégique.
Madagascar a déjà collaboré avec des compagnies internationales majeures, ainsi qu’avec des opérateurs indépendants. Toutefois, « la promotion pétrolière, entamée en 2019, avait connu une interruption. Relancée en janvier 2025, elle avait de nouveau été suspendue avant de reprendre aujourd’hui ».
Irina Tsimijaly
