SANTÉ INFANTILE - Le vaccin BCG en rupture de stock

Une rupture de stock du vaccin contre la tuberculose alarme les parents de nouveau-nés. Le ministère de la Santé publique annonce son réapprovisionnement pour la semaine prochaine.

Un enfant vacciné contre la tuberculose.

Le vaccin Bacille Calmette- Guérin (BCG), qui protège contre la tuberculose, est introuvable dans presque tout le pays en ce mois de février. Plusieurs familles témoignent de leurs difficultés à s’en procurer. « Nous avons fait le tour des hôpitaux à Antananarivo sans en trouver nulle part », confie Daniella Sambisoa, mère d’un enfant né il y a quatre semaines.

La plupart des centres de vaccination de la capitale signalent l’absence du vaccin dans leurs stocks. 

« Cela fait deux semaines que nous n’en disposons plus », indique une sage-femme chargée de la vaccination dans un centre de santé de base (CSB) à Antananarivo, hier. D’autres disent avoir épuisé leur stock depuis le mois de janvier et ne pas avoir été réapprovisionnés depuis.

Le ministère de la Santé publique confirme la rupture de stock du BCG. « Le vaccin n’est pas disponible au niveau central ni dans plusieurs CSB. Quelques centres d’Antananarivo-ville disposent encore de quelques doses, notamment à Antanimena et à Isotry », précise la source.

Cette rupture de stock du BCG est un phénomène récurrent à Madagascar, où elle survient presque chaque année. « L’achat de ce vaccin n’est pas financé par les partenaires techniques et financiers, mais par les ressources propres de l’État. Son coût s’élève à 658 000 dollars, et les procédures de déblocage de ce montant sont lourdes, ce qui explique généralement ces retards de réapprovisionnement », renchérit-elle.

Urgence

Ce responsable souligne que les démarches ont été accélérées cette année. « En 2024, les fonds n’avaient été débloqués qu’au mois d’avril. Cette fois, ils l’ont été dès janvier, les autorités actuelles reconnaissant l’urgence liée à ce vaccin. Cette accélération des procédures devrait permettre l’arrivée des doses dans le pays le 24 février », ajoute-t-il.

Face à cette situation, de nombreux parents s’interrogent sur la manière de protéger leurs enfants contre la tuberculose, dont l’incidence reste élevée à Madagascar. Selon les professionnels de santé, le risque de développer la maladie après une exposition est plus élevé chez les enfants que chez les adultes, et il augmente d’autant plus que l’enfant est jeune. Les enfants seraient également plus susceptibles de présenter des formes graves de la maladie, telles que la méningite tuberculeuse ou la tuberculose miliaire, qui sont plus difficiles à traiter et entraînent davantage de complications sévères.

Le ministère de la Santé publique se veut toutefois rassurant. Le vaccin BCG peut être administré jusqu’au onzième mois de l’enfant. En attendant son arrivée, les professionnels de santé recommandent aux parents de limiter les contacts des nourrissons avec des personnes malades afin de réduire les risques de contamination.

Miangaly Ralitera

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