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| Le gouverneur de la Banque centrale, Aivo Andrianarivelo. |
L’ariary affiche une reprise notable sur le marché des changes, retrouvant une certaine vigueur face au dollar et à l’euro. Selon le dernier taux de référence publié par la Banque centrale de Madagascar (Banky Foiben’ny Madagasikara – BFM), 1 dollar s’échange désormais à 4 429,62 ariary, tandis que 1 euro vaut 5 198,23 ariary.
Cette appréciation intervient dans un contexte de réserves de change exceptionnellement élevées. « Nous disposons de réserves confortables, autour de 3,6 milliards de dollars, soit près de sept mois d’importations », a déclaré le gouverneur de la BFM, Aivo Andrianarivelo. Il précise toutefois que ces réserves « ne servent pas à alimenter le marché », mais sont destinées à « faire face à tout choc économique ».
Depuis 1994, Madagascar adopte un régime de change flottant, une approche que la banque centrale continue de défendre. « Ce système nous permet de rester maîtres de nos décisions, sans dépendre des politiques étrangères », explique le gouverneur. Il avertit cependant que « si les rapatriements cessent, il n’y aura plus de devises, et nous serons en difficulté », soulignant la vulnérabilité persistante du pays face aux flux internationaux de capitaux.
La BFM maintient également son taux directeur à 12 %, estimant que ce niveau est approprié pour atteindre un objectif d’inflation de 5 % en 2026. L’inflation, qui a reculé à 7,2 % en décembre 2025, contre un pic de 9,5 % en janvier, bénéficie de la baisse des prix internationaux du riz et du pétrole, ainsi que des mesures de resserrement monétaire mises en œuvre par la banque. Le gouverneur précise que « la politique monétaire reste orientée vers le contrôle des prix ».
Sur le plan commercial, Madagascar fait face à un déficit croissant, qui a atteint 2 037 millions de dollars en 2025, soit 10,6 % du PIB, contre 9 % en 2024. Les exportations, en baisse de 3,5 %, pâtissent notamment de la chute de la filière vanille (-45,4 %) et du girofle (-8,6 %). Les importations, en revanche, continuent de progresser (+8,7 %), stimulées par la hausse des prix des produits alimentaires et des matières premières.
Malgré ces déséquilibres, la BFM adopte une approche graduelle, surveillant de près l’évolution économique et dialoguant avec le secteur privé. Toute modification future du taux directeur « sera décidée en cohérence avec l’objectif de stabilité des prix et de la finance », insiste le gouverneur, condition indispensable pour soutenir la croissance durable et la reprise de l’ariary sur le marché des changes.
Irina Tsimijaly
