DROITS SEXUELS ET REPRODUCTIFS - Les personnes handicapées se disent marginalisées

Lala Raharivelo (au micro) présidente provinciale de l’association des femmes handicapées à Analamanga.

Les femmes en situation de handicap estiment qu’elles ne jouissent pas pleinement de leurs droits sexuels et reproductifs dans le pays. C’est ce qu’a déclaré Lala Raharivelo, représentante de l’Association des femmes handicapées de Madagascar (AFHAM), à l’occasion d’une rencontre avec les journalistes à Anosy la semaine dernière, en dénonçant les nombreuses barrières qui limitent encore l’exercice de ces droits fondamentaux.

Selon elle, les messages sur la santé sexuelle et reproductive, ainsi que sur la maternité, ne sont pas encore suffisamment relayés auprès des femmes handicapées, alors qu’il s’agit de droits humains fondamentaux. Ces dernières continuent de faire face à des discriminations, notamment dans le secteur de la santé, et estiment que l’accès effectif à leurs droits reste encore très limité.

Parmi les principaux obstacles figure l’inaccessibilité des infrastructures sanitaires. Beaucoup de centres de santé ne disposent pas d’aménagements adaptés aux personnes à mobilité réduite, comme des rampes d’accès ou des équipements spécifiques, rendant leur prise en charge difficile, voire impossible.

À cela s’ajoutent les préjugés sociaux persistants. Certaines personnes considèrent encore que les femmes en situation de handicap ne devraient pas fonder une famille, ni éprouver des sentiments amoureux ou des besoins affectifs. Elles sont souvent perçues comme un fardeau pour la société, une perception qui renforce leur marginalisation.

Cependant, selon les droits fondamentaux liés à la santé reproductive et à la planification familiale : « Toute personne, sans distinction d’âge, de sexe, de situation sociale, de couleur de peau, de religion, d’origine ethnique, de statut matrimonial ou pour toute autre raison, ne peut être privée de ce droit. Chaque individu a le droit d’accéder à l’information et à l’éducation concernant les avantages, les inconvénients et le taux d’efficacité des méthodes de planification familiale. »

Toute personne a le droit de fonder une famille, d’avoir des enfants et de décider librement et en toute connaissance de cause du moment où elle souhaite procréer, du nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir et de l’intervalle entre les naissances. Cette décision ne dépend pas et ne nécessite pas l’autorisation du conjoint ou des parents.

En matière de droits sexuels et reproductifs, Lala Raharivelo rappelle que chaque individu devrait pouvoir décider librement de son corps, de sa vie affective et de son projet de maternité, sans contrainte. Pourtant, dans de nombreux cas, ce sont les familles qui imposent leurs décisions, dictant les choix des femmes concernées. Certaines vont jusqu’à estimer que la maternité n’est pas appropriée pour les personnes handicapées, considérant qu’elle constituerait une charge supplémentaire.

Mialisoa Ida

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