DIANA - La réhabilitation de la RN6 manque de coordination

Un taxi-brousse roulant sur la RN6.

Si la réhabilitation de la route nationale 6 (RN6) reliant Ambanja à Antsiranana est largement saluée, sa mise en œuvre suscite toutefois des inquiétudes. Le manque d’informations préalables, les embouteillages prolongés et les difficultés rencontrées par les usagers les plus vulnérables mettent en lumière des enjeux de coordination et de gouvernance des chantiers dans la région Diana.

Cette situation engendre un climat de mécontentement généralisé, marqué par des incompréhensions, des tensions et parfois des altercations entre les différentes parties concernées. Il devient alors de plus en plus difficile de distinguer les motifs secondaires des difficultés réellement fondées, ce qui complique la gestion quotidienne du trafic.

Le cas le plus récent fut le blocage d’un taxi-brousse Mazda  immobilisé pendant plusieurs heures à Mahavanona alors qu’il transportait une mère de famille malade en état critique. Malgré la situation, les agents de l’entreprise chargée des travaux ont refusé de laisser passer le véhicule, invoquant les consignes reçues de leur hiérarchie.

Cet incident a suscité l’émoi dans la région et a mis en lumière l’absence de protocoles clairs et de graves défaillances dans la gestion des chantiers publics. L’événement met en évidence les lacunes en matière d’information et de gestion des urgences sur les grands chantiers routiers.

Gestion des urgences 

Heureusement, l’intervention in extremis du directeur régional de la population de la région Diana a permis de débloquer la situation auprès du chef de chantier, rendant finalement possible le passage du taxi-brousse.

« Personne ne conteste la nécessité d’améliorer cette infrastructure stratégique pour l’économie régionale, la mobilité des citoyens et l’accès aux services essentiels. Toutefois, la manière dont ces travaux sont conduits, sans prise en compte des réalités humaines et sociales, soulève aujourd’hui de sérieuses interrogations citoyennes et politiques », a réagi l’un des passagers, tout en soulignant que le droit fondamental à la santé et à la mobilité ne doit pas raisonnablement dépendre du hasard.

Le directeur régional des Travaux publics, Rivo Roland Randrianarijaona, explique « qu’en principe, les malades devraient être prioritaires. Cependant, il semble qu’il y ait un problème de communication entre les flagmen (agents de  signalisation) et le chef de chantier. Les doléances seront donc transmises aux responsables concernés afin qu’une solution soit trouvée et que la situation soit réorganisée ».

Il a ajouté que les Travaux publics ne sont pas présents directement sur le site ; c’est la Mission de contrôle qui les représente sur le terrain. Par ailleurs, une boîte à doléances est également mise à disposition à Ambilobe. 

Les travaux approchent de leur achèvement. L’entreprise chargée du chantier procède actuellement aux dernières opérations de goudronnage sur un tronçon d’environ vingt kilomètres, à l’entrée de la ville d’Antsiranana.

Raheriniaina 

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