Selon le colonel Randrianirina, son déplacement en Russie était aussi pour rechercher des investisseurs. À l’entendre, des multinationales russes ont été approchées.
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| Gazprom est le fleuron des multinationales russes. |
Gazprom, Rosatom, ou encore Geoscan. Ce sont des exemples de multinationales russes que l’État veut voir investir à Madagascar, à entendre les propos du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, dans une interview accordée à Russia Today (RT), dans le cadre de sa visite officielle en Russie.
« L’un des buts de notre visite est d’attirer les entreprises étrangères telles que Gazprom et Rosatom, qui sont toutes les bienvenues. Nous avons été en contact, dernièrement, avec plusieurs entreprises, telles que Geoscan, qui veulent investir à Madagascar et que nous recevrons avec plaisir », déclare le locataire d’Iavoloha. Les exemples des entreprises citées par l’officier supérieur cadrent, visiblement, avec son souhait de faire de la coopération bilatérale entre la Grande Île et la Russie « un exemple en Afrique ».
Gazprom est le plus grand groupe russe et l’un des leaders mondiaux dans l’exploration, la production et l’exportation de gaz naturel. À travers ses filiales, la multinationale est également un cador dans la production d’électricité et dans les activités pétrolières. Rosatom, quant à elle, est l’agence nucléaire d’État russe, en charge de l’ensemble du nucléaire civil. Elle est également présente à l’international et est considérée comme l’un des leaders mondiaux dans la construction de centrales nucléaires.
Pour Geoscan, il s’agit d’une entreprise de haute technologie spécialisée dans la fabrication de drones, de satellites, de logiciels et de services d’observation aérienne et spatiale. La technologie produite par Geoscan est également utilisée dans le domaine de l’aménagement du territoire via des cartographies aériennes, la surveillance et l’agriculture, entre autres. L’entreprise développe également des produits pour l’enseignement et mène des projets pour l’apprentissage de la technologie et de l’intelligence artificielle.
Ouvrir une nouvelle porte
« L’un des défis auxquels nous faisons face en ce moment est le manque de financement de nos actions. (...) Mais c’est pour cela aussi que nous cherchons des partenaires pour faire face à ces défis dont nous n’avons pas les moyens de régler seuls. L’arrivée d’aides financières et d’investissements à Madagascar nous aidera à redresser le pays. C’est pour cela que nous sommes venus ici », ajoute ainsi le Chef de l’État dans son interview.
Au-delà de leur performance dans leurs domaines respectifs, les multinationales russes, dont celles citées durant l’interview du colonel Randrianirina, ont également une place dans la stratégie géopolitique russe. Selon le cas, elles servent d’atout-charme ou de moyen de pression. « Notre politique est de s’ouvrir à tous les pays avec qui nous pouvons travailler», martèle par ailleurs le locataire d’Iavoloha. Il insiste sur la diplomatie tous azimuts, en ajoutant : « Je le réaffirme, Madagascar travaille avec tous les pays et n’a aucune intention d’exclure aucun pays ».
Néanmoins, dans cette idée de travailler avec tous les pays, l’administration Randrianirina compte élargir le champ de coopération internationale de la Grande Île aux BRICS. Il s’agit du groupe de pays qui regroupe, entre autres, la Russie, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Chine et l’Inde. L’officier supérieur a déjà fait part du souhait de l’État de devenir partenaire des BRICS à son retour d’une rencontre avec Cyril Ramaphosa, président sud-africain, en janvier.
À entendre le Chef de l’État, il a fait part de cette volonté de devenir partenaire des BRICS à son homologue russe, Vladimir Poutine, durant leur rencontre, jeudi. En réponse à la journaliste de RT sur ce point, l’officier supérieur explique : « (...) nous nous ouvrons à tous les partenariats avec qui il nous est possible de coopérer et qui répondront à nos intérêts. Nous pensons que coopérer avec les BRICS nous ouvrirait de nouvelles portes ».
Garry Fabrice Ranaivoson
