ENVIRONNEMENT - Les sources d’eau s’assèchent

L’accès à l’eau devient de plus en plus difficile, créant de réelles difficultés pour les habitants. Le problème touche désormais plusieurs régions.

Le Dr Minosoa Razafindrianiaina, ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, plantant un arbre lors de la journée de reboisement de son département, hier. 

Un assèchement des sources d’eau est observé à Madagascar. La crise s’étend à plusieurs régions. « Autrefois, le Sud était considéré comme la seule région touchée par ces difficultés. Aujourd’hui, l’Ouest, le Nord et le Sud sont tous confrontés au problème », a déclaré le Dr Minosoa Razafindrianiaina, ministre de l’Eau, de l’Assainissement etj de l’Hygiène, hier, lors d’une opération de reboisement organisée dans la commune rurale d’Ambohimalaza.

Les professionnels du secteur de l’eau constatent une diminution progressive des ressources disponibles. « La production ne suffit plus à couvrir les besoins quotidiens. Auparavant, nous produisions 100 m³ par jour. Aujourd’hui, en période d’étiage, nous atteignons à peine 30 à 40 m³ », explique Gérald Razafinjato, directeur général de l’Entreprise Sandandrano, une société spécialisée dans l’eau, créée en 1998.

Selon lui, l’assèchement des sources devient une réalité concrète pour les populations rurales. « Les points d’eau situés à cinq kilomètres du village se sont taris. Désormais, il faut parcourir jusqu’à 16 kilomètres pour trouver de l’eau », poursuit cet ingénieur en eau et assainissement.

Changement climatique

Pour illustrer cette évolution, il rappelle que, dans les années 1990, l’eau de la rivière Ikopa semblait largement suffisante pour répondre aux besoins. 

« Une étude réalisée en 2016 a pourtant montré que son débit diminuait », précise-t-il. La commune d’Ambohimalaza n’échappe pas à cette tendance, confirme son maire, Sedera Rakotoaritsifa.

Les techniciens évoquent les effets du changement climatique comme facteur de ce problème. « Les pluies arrivent tardivement, souvent en janvier», explique un spécialiste du secteur. Les feux de brousse et la dégradation des forêts aggravent encore cette situation en réduisant la capacité des sols à retenir l’eau.

À ces facteurs environnementaux s’ajoutent des causes structurelles. La ministre de l’Eau souligne notamment le vieillissement des infrastructures hydrauliques et la croissance rapide de la population, particulièrement dans les grandes villes, qui accentuent la pression sur les ressources disponibles.

Face à la diminution des sources d’eau et à la dégradation du couvert forestier, le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, avec ses partenaires, a lancé une opération de reboisement dans la commune d’Ambohimalaza, je située dans le district d’Avaradrano.

À cette occasion, la ministre a appelé la population à s’impliquer activement dans la protection des ressources naturelles. « Le reboisement constitue à la fois une protection des ressources en eau et une garantie pour l’avenir des générations futures. Le suivi des plants mis en terre est aussi important », rappelle le ministère.   Les spécialistes plaident pour une stratégie adaptée aux réalités locales. « Il faut un reboisement intelligent pour obtenir des résultats durables. Privilégions les espèces locales», recommande Gérald Razafinjato.

 Miangaly Ralitera

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