AMBATOMIRAHAVAVY - La foudre enlève une vie en chemin

À Ambatomirahavavy, la foudre a frappé, et avec elle s’est éteinte la force d’un père qui portait seul le poids de sa famille.

Les quatre jeunes enfants du défunt se recueillent devant le corps sans vie.

Un éclair a brisé la vie d’une famille vivant à Arivonimamo. Mercredi, en fin d’après-midi, sur la RN1 à Ambatomirahavavy, Lalatiana, 43 ans, père de quatre enfants, a été frappé par la foudre alors qu’il rentrait chez lui à moto avec son plus jeune fils.

La pluie tombait, le tonnerre grondait et, soudain, le ciel s’est ouvert pour l’arracher à la vie. Projeté au sol, il a été transporté d’urgence au CSB II d’Ambatomirahavavy, où il a succombé à ses blessures. Son fils, âgé de 7 ans, s’en est miraculeusement sorti indemne.

Le destin de cet homme semblait déjà marqué par la douleur. En octobre 2024, il avait perdu son épouse, Laingo, dans un accident de voiture à Tsarasaotra. Ensemble, ils se rendaient pour prêcher l’Évangile, accompagnés d’une sœur en foi. Le véhicule appartenait à cette dernière, qui était au volant. Lors de l’accident, sa femme avait été éjectée puis mortellement écrasée par la voiture. Elle était décédée sur le coup. Lalatiana, lui, avait survécu, blessé mais vivant, contraint de porter seul le poids de la famille et de devenir l’unique pilier de ses enfants.

Depuis ce jour, il avait endossé à la fois le rôle de père et de mère, élevant ses quatre enfants — deux garçons et deux filles — âgés de 12, 11, 9 et 7 ans. Homme discret, peu bavard, il s’était davantage renfermé sur lui-même après la perte de son épouse, selon ses proches.

Avant de mourir

Mais derrière ce silence se cachait une force immense, celle d’un père qui, malgré les épreuves, continuait à se battre pour ses enfants. Ces derniers jours, deux d’entre eux avaient été malades. La fille aînée, âgée de 12 ans et sujette à des crises d’épilepsie, avait dû subir des analyses, tandis que le plus jeune garçon avait passé une journée à l’hôpital. C’est pour récupérer les résultats médicaux à Antananarivo que Lalatiana avait pris la route mercredi, avec son fils sur le scooter.

La foudre lui a causé de graves brûlures aux mains et aux bras. Lorsque la famille s’est mise à préparer son corps, elle a voulu acheter des gants et des chaussettes blanches. Mais le petit garçon a révélé que son père en avait déjà acheté, les ayant glissés dans son sac ce même jour, comme s’il pressentait son départ. Quelques jours plus tôt, il s’était également coupé les cheveux, un geste interprété aujourd’hui comme une ultime préparation, une manière silencieuse de se mettre en ordre avant le grand voyage.

Son corps a été emmené à Antanetikely, Fenoarivo, où la famille possède une maison. Ses quatre enfants, désormais orphelins, seront pris en charge par sa sœur, installée à Arivonimamo, afin que leur scolarité ne soit pas interrompue. Mais aucun soutien ne pourra combler le vide laissé par ce père qui, jusqu’au bout, aura tout donné pour eux.

Et ce sont ces gants et ces chaussettes blanches, achetés par lui-même avant de mourir, qui recouvrent aujourd’hui ses mains brûlées. Comme un dernier geste d’amour, une ultime caresse paternelle, silencieuse mais bouleversante.

Gustave Mparany

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