ERICA RAMANOARA - « Créer, c’est valoriser nos savoir-faire »

Jeune créatrice malgache engagée, Erica Ramanoara s’impose comme l’une des voix prometteuses de la mode éthique à Madagascar pour des créations éco-responsables.


Que représente pour vous ce titre de lauréate du Mode éthique et durable ?

Cette distinction marque une étape décisive dans mon parcours. En 2024, j’ai participé à l’atelier de formation « Methamorphose », organisé avec l’ambassade américaine, aux côtés de designers malgaches tels que Tachou, Gaona, Michael Vida, Sariaka Rah, Eva Lambà, Lucka Andriamahavonjy et Phanala. 

En août 2025, j’ai été sélectionnée parmi les finalistes du Mode éthique et durable de l’Institut français de Madagascar, une opération soutenue par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. J’ai bénéficié d’une formation avec Stéphanie Piot, Jennifer Chambaret, Gaëlle Rafidison et Andrianiavo Ramamonjisoa, de vraies pros. Être élue lauréate de cette troisième édition représente une reconnaissance forte de mon engagement pour une mode responsable.

Quel est le fondement de votre démarche créative?

Mes créations reflètent profondément mes convictions. J’utilise des matières naturelles comme le sisal, le raphia, la soie et le soga. Je travaille également avec des techniques traditionnelles malgaches telles que le crochet, le tissage et le tressage. À cela s’ajoute le réemploi de textiles, dans une logique d’économie circulaire. Pour moi, la mode doit être à la fois esthétique, respectueuse de l’environnement et porteuse d’identité culturelle.

Que signifie votre participation au défilé « Tsimoka Day » ?

Je participe justement au défilé « Tsimoka Day », qui représente une continuité naturelle de mon engagement pour une mode éthique enracinée dans les savoir-faire locaux. Cet événement m’offre l’opportunité de présenter mes créations en raphia, sisal, soie et soga dans un cadre qui valorise l’artisanat, l’innovation et la montée en gamme des matières naturelles. Défiler dans ce contexte contribue à la reconnaissance du patrimoine artisanal malgache à travers une vision contemporaine. J’y vois également des possibilités de collaborations, de visibilité et l’occasion de soutenir l’association qui m’invite.

Quels sont vos projets à venir ?

En tant que lauréate, je bénéficierai d’une formation en France axée sur l’export des industries culturelles et créatives. À plus long terme, je souhaite créer une entreprise à Antsirabe afin d’offrir davantage d’emplois aux artisans et de promouvoir l’artisanat malgache à l’international. Mon ambition est de bâtir une mode qui fait rayonner Madagascar tout en soutenant ceux qui en sont les véritables artisans.

Cassie Ramiandrasoa

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