JIOI 2027 – XIIe ÉDITION - L’État sollicité à se prononcer

Remise du drapeau des Jeux aux Comores  lors de la clôture des JIOI de 2023 à Mahamasina.

L’ouverture des XIIe Jeux des îles de l’océan Indien est fixée au 23 août 2027 aux Comores, pour une durée d’une dizaine de jours. À ce jour, l’État malgache n’a toujours pas communiqué officiellement sur la participation nationale, ni sur le nombre d’athlètes engagés, encore moins sur un éventuel programme de préparation. Une situation qui intrigue, même si l’échéance semble encore lointaine.

Pour le rendez-vous de 2027, viser une nouvelle première place aux Comores s’annonce cependant comme une mission bien plus compliquée. Les îles sœurs, notamment La Réunion et l’île Maurice, ont déjà entamé depuis plusieurs mois leurs préparations, aussi bien sur le plan local qu’international, avec des programmes structurés et un encadrement renforcé.

Sur le plan strictement sportif, les perspectives ne plaident pas en faveur de Madagascar. La conjoncture politique et économique actuelle oblige l’État à hiérarchiser ses priorités, souvent au détriment du sport. Les récents événements l’illustrent, comme le cas de la non-participation observée lors des Jeux africains de la jeunesse en Angola en décembre dernier.

Inquiétude réelle

Madagascar conserve certes un réservoir important de talents, notamment en haltérophilie, dans les arts martiaux et en basket-ball 3x3 ou 5x5, disciplines traditionnellement pourvoyeuses de médailles. En revanche, l’athlétisme devient de plus en plus imprévisible, et rivaliser avec les athlètes mauriciens et réunionnais sur certaines épreuves relève désormais d’un véritable défi.

Aux Comores, Madagascar ne bénéficiera plus de l’avantage du pays hôte, qui avait pesé en  2023. Dans le même temps, Maurice et La Réunion poursuivent leurs investissements dans la formation, l’encadrement et la professionnalisation de leurs athlètes, rendant la concurrence plus dense et plus structurée.

Ce contexte renforce les interrogations liées au silence des autorités malgaches. Aucune feuille de route officielle n’a été rendue publique, aucun programme national de préparation clairement annoncé, et les fédérations évoluent sans cadre stratégique visible.

Un directeur technique national d’une discipline, sous couvert d’anonymat, explique que : « Si Madagascar vise la première place aux Comores, une feuille de route de la politique générale de l’État sur la préparation doit sortir durant le premier trimestre de l’année. Est-ce que l’État va mettre en priorité la participation malgache aux JIOI de 2027 ? », confie-t-il.

Avec les enjeux de l’événement, Madagascar ne peut plus se contenter de l’improvisation. Sans impulsion politique claire, le pays risque de voir son statut de leader régional s’éroder, malgré un potentiel humain toujours bien présent.

Nous avons sollicité le ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Désiré Rasambany, afin de donner son avis sur les JIOI de 2027, via WhatsApp, mais il n’a pas encore répondu.

Donné Raherinjatovo

1 Commentaires

  1. En plus de l'haltérophilie, la lutte a fait 8 médailles d'or, le judo 6 prouvant par là que le nombre de médailles viendra plus de ces sports là que des sports collectifs. Mais si la préparation n'est pas là, comme cela avait été le cas pour les derniers Jeux (avec une expertise souvent étrangère), pas la peine de se présenter aux Jeux de 2027. Pourtant, rien de tel pour dynamiser la jeunesse vers des objectifs sains, éducatifs et porteurs pour l'avenir de notre pays. La refondation ne devrait se transformer en rétrogradation !!!

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