À l’occasion des États généraux des droits d’auteur dans les pays de la SADC, organisés dans le cadre du Madagascourt Festival, Astrid Audibert plaide pour un renforcement concret de l’écosystème culturel dans l’océan Indien.
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| Astrid Audibert lors d’une interview exclusive. |
Que représente votre présence à Madagascar dans le cadre des États généraux des droits d’auteur ?
Nous sommes à Madagascar pour la rencontre des bénéficiaires de l’île, qui sont aujourd’hui plus d’une cinquantaine. Notre objectif est d’apporter des outils d’appui aux opérateurs culturels. Cette mission s’inscrit dans le cadre des États généraux des droits d’auteur organisés au sein des pays de la SADC, dont font partie les États membres de la Commission de l’océan Indien. Le projet Industries culturelles et créatives est mis en œuvre dans le cadre du Madagascourt Festival, ce qui offre une visibilité et une dynamique supplémentaires à ces échanges régionaux.
Pourquoi est-il essentiel de soutenir cette initiative ?
Nous travaillons au renforcement des écosystèmes culturels et créatifs. Concrètement, cela signifie veiller à ce que l’environnement réglementaire et les mesures d’accompagnement mises en place dans chaque pays permettent réellement aux créateurs de vivre de leur art. La reconnaissance symbolique ne suffit pas : les artistes ont besoin de conditions de travail qui leur assurent un revenu décent, la possibilité de prospérer et de créer des emplois. C’est tout cela qui constitue un écosystème solide.
Quelle place occupent les droits d’auteur dans cet écosystème ?
Les droits d’auteur sont l’ADN de toute entreprise culturelle. Ils sont directement liés à la créativité, qui est le moteur des industries culturelles et créatives. Si ces droits ne sont pas protégés efficacement, tout le système s’affaiblit. Les acteurs culturels ne peuvent pas vivre dignement de leur travail ni développer des entreprises génératrices de revenus. Pourtant, le secteur représente une véritable source d’emplois et de richesse pour nos îles. Le potentiel est énorme, mais il faut que nous soyons à la hauteur de cet enjeu.
Quels sont les objectifs des ateliers organisés dans la région ?
Dans le cadre des États généraux, le projet ICC de la Commission de l’océan Indien a choisi d’organiser un atelier spécifique axé sur l’océan Indien. L’idée est de dresser un état des lieux des droits d’auteur dans nos États membres : identifier les freins, les obstacles, mais aussi les forces et les opportunités. À partir de ce diagnostic partagé, nous pourrons réfléchir à des solutions pérennes à l’échelle régionale.
Qu’apportent concrètement ces rencontres aux opérateurs culturels ?
Ces ateliers offriront une occasion rare de rassemblement dans une région où la mobilité reste complexe. Ils permettent aux représentants des organismes de gestion collective, ainsi qu’aux institutions de Maurice, des Seychelles, des Comores et, bien sûr, aux représentants de Madagascar, avec l’OMDA et l’ISSM (Ivon-toeran’ny Sarimihetsika sy Sarimiaina Malagasy), d’échanger et de travailler ensemble. Cela fait longtemps que les artistes souffrent d’un manque de protection adaptée. Aujourd’hui, il s’agit enfin de construire des solutions durables pour que la création fasse réellement vivre ceux qui la portent.
Cassie Ramiandrasoa
