Les remblais continuent de se multiplier dans le Grand Antananarivo. L’Apipa affirme renforcer les contrôles et les poursuites contre les contrevenants.
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| Les remblais continuent dans le Grand Antananarivo. |
À Ankadiaivo, dans la commune d’Alasora, des habitants ont bloqué deux camions transportant de la terre destinée à remblayer des rizières, dans la nuit du mercredi 18 février.
« Les riverains ont agi parce que les véhicules qui circulaient la nuit causaient des nuisances sonores », selon le chef du fokontany, Matio Randrianaivo, hier.
Des camions acheminaient de la terre pour combler des rizières couvrant une superficie d’environ 2 700 m², depuis deux nuits, d’après l’Autorité de protection contre les inondations dans la plaine d’Antananarivo (Apipa).
Les forces de l’ordre se sont rendues sur place afin de prévenir tout débordement. Il a été rapporté que certaines personnes envisageaient de s’en prendre aux engins. « Notre mission consistait à protéger la population et les biens », indique une source. Les véhicules et l’engin présents ont finalement été placés en fourrière au commissariat de police d’Alasora.
« Ce remblayage n’a reçu aucune autorisation », a souligné le directeur général de l’Apipa, Stéphane Razafindehibe. Il a rappelé, par ailleurs, que la décision de suspension des remblais prise en février 2022 reste en vigueur.
Contrôles
Des équipes de l’Apipa, accompagnées de la Police des remblais relevant du ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, se sont déplacées sur les lieux.
« Les responsables des travaux ont été convoqués auprès de l’Apipa pour fournir des explications et faire face aux mesures prévues par la loi », indique l’institution.
Les remblais illégaux continuent de proliférer. Dans le Grand Antananarivo, plusieurs rizières sont clôturées et semblent vouées à être remblayées, si cela n’a pas déjà été fait.
De son côté, l’Apipa affirme renforcer les contrôles et les mesures pour lutter contre ces pratiques illicites. « Rien qu’aujourd’hui (ndlr : hier), nous avons identifié cinq cas le long du By-pass. D’autres procédures de sanction sont en cours concernant une dizaine de dossiers », précise encore l’Apipa. Certains contrevenants auraient déjà été convoqués à Anosizato, siège de l’Apipa, afin de s’expliquer et de s’acquitter des amendes correspondantes.
Les poursuites ne s’arrêteraient pas là. « Les contrôles restent stricts et les mesures seront appliquées sans distinction à l’encontre de toute personne poursuivant des remblais pourtant interdits par la loi depuis 2022 », indique l’Apipa. Plusieurs auteurs de remblais ont déjà été sanctionnés, mais ces mesures n’ont pas suffi à mettre définitivement fin à cette pratique, qui accroît la vulnérabilité du Grand Antananarivo face aux inondations.
Miangaly Ralitera
