Dix-sept ans après les événements sanglants du 7 février 2009, aucune commémoration officielle n’est prévue cette année. Un silence qui pourrait s’expliquer par la conjoncture politique du moment.
| Photo prise durant une commémoration devant la stèle des victimes du 7 février, à Ambohitsorohitra. |
Silence radio. Sauf changement de dernière minute, aucune commémoration officielle ni officieuse n’est prévue pour cette journée du 7 février. Dix-sept ans après les faits, le changement de vent politique pourrait avoir raison de l’empreinte laissée par cette date dans l’histoire récente de Madagascar.
Le nouveau pouvoir ne semble pas avoir inscrit la commémoration du 7 février 2009 dans son agenda. Du côté de la famille politique d’Andry Rajoelina, ancien président de la République, c’est également le silence radio sur le sujet. Les commémorations du 7 février leur ont pourtant servi de cri de ralliement et de moment de communion. Cependant, par crainte de représailles politiques, la majorité des membres du camp Orange font profil bas depuis le départ de leur chef de file.
Le 7 février 2009, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du palais présidentiel d’Ambohitsorohitra, répondant à l’appel de l’opposition menée alors par Andry Rajoelina. L’objectif était d’y installer Roindefo Monja, alors désigné Premier ministre de la Transition que les manifestants voulaient mettre en place. C’était aussi une manière d’acculer Marc Ravalomanana, président de la République de l’époque et dont les manifestants réclamaient le départ du pouvoir.
Mais la journée bascula tragiquement. Les forces de sécurité, chargées de protéger le palais, ouvrirent le feu pour empêcher l’avancée des manifestants, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés. À une certaine mesure, le 7 février 2009 a été décisif dans la chute de Marc Ravalomanana, quelques semaines plus tard. Depuis, il a été érigé par l’administration Rajoelina comme le symbole du prix humain payé lors des crises politiques à répétition que connaît le pays.
Dans les années qui suivirent, cette date fut commémorée.
Rupture
La cérémonie se déroulant devant la stèle érigée en mémoire des victimes en face des grilles du palais d’État d’Ambohitsorohitra. L’absence de commémoration, cette année, pourrait être l’expression de la volonté de rupture avec l’administration Rajoelina, prônée par les autorités de la refondation de la République. Ceci, bien que des acteurs des événements de 2009 fassent encore partie des tenants du pouvoir actuel.
Dans une certaine mesure, les commémorations du 7 février 2009 ont toujours eu une portée politique. Au-delà du débat sur la responsabilité des faits, cette date symbolise le clivage entre les partisans d’Andry Rajoelina et ceux de Marc Ravalomanana. Dans les discours prononcés à chaque commémoration du 7 février, le terme « protéger les valeurs et les acquis de la lutte » a été une formule incontournable, en référence aux revendications durant les manifestations de 2009.
Dix-sept ans après, les mots « protéger les valeurs et les acquis de la lutte » reviennent dans les rhétoriques politiques, en référence aux récentes manifestations de septembre et octobre 2025. La démocratie, le respect des libertés individuelles et l’État de droit, réclamés il y a dix-sept ans, ont été les revendications d’il y a quelques mois. À l’instar du 13 mai 1972 ou du 10 août 1991, le 7 février 2009 se rapporte à un mouvement populaire.
Tout comme ces deux dates, la ferveur des commémorations du 7 février peut s’étioler au fil des ans et des changements de pouvoir. Cependant, la mémoire des victimes ne relève pas seulement de l’émotion, elle participe à la consolidation de l’État de droit et à la prévention de nouvelles violences politiques. La refondation du pays implique aussi de regarder lucidement son passé pour déceler les causes profondes des crises cycliques afin de ne pas refaire les mêmes erreurs.
Garry Fabrice Ranaivoson
Des commémorations, il y en aura malheureusement d'autres. On attend de voir avec les nouveaux chefs, sous la tutelle des Russes ... On verra !!!
RépondreSupprimerLe trou du cul se retrouve bien avec sur cette photo ce gros lard pourri du régime d'un gouverneur de la France en fuite à Dubaï , des RATS tous en fuite insultant la mémoire de pauvres innocents envoyés en pâture !
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