La Grande Île a officiellement lancé, le 19 janvier 2026, les Assises nationales pour la relance économique. La cérémonie d’ouverture, organisée au Centre de Conférences Internationales d’Ivato, s’est tenue sous la conduite du président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina. L’événement a réuni les chefs d’institutions, le Premier ministre, plusieurs membres du gouvernement ainsi que les partenaires techniques et financiers du pays.
Ces assises marquent une étape clé dans l’élaboration d’un pacte national de relance économique. Les échanges ont été largement centrés sur la nécessité de rétablir la confiance entre l’État et le secteur privé, considérée comme une condition indispensable à toute reprise durable. La coopération public-privé a ainsi constitué le fil conducteur des discussions.
Prenant la parole devant les décideurs publics, le président du Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM), Francis Rabarjohn, a dressé un constat direct de la situation actuelle. Selon lui, « le secteur privé est en situation de fragilité depuis plus de dix ans». Il a notamment souligné la vulnérabilité croissante des entreprises, rappelant que de nombreuses très petites et moyennes structures finissent par fermer ou retourner dans l’informel, « par manque de soutien et de ressources ».
Dès lors, pour le GEM, la relance économique passe nécessairement par l’assainissement du climat des affaires. « Aucune reprise durable n’est possible sans un secteur privé fort et dynamique», a insisté Francis Rabarijohn, tout en déplorant les multiples obstacles qui entravent la productivité des entreprises.
Ce diagnostic semble largement partagé par le gouvernement. À son tour, le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, a reconnu la nécessité d’un regard lucide sur le passé. « Bâtir une nation de producteurs et d’entrepreneurs passe par une analyse lucide des erreurs commises, ce qui ne constitue en rien une faiblesse», a-t-il déclaré. Il a également pointé plusieurs freins structurels, notamment la gouvernance défaillante, la corruption, le manque de transparence, les difficultés d’accès au financement ainsi que les pénuries d’eau et d’énergie.
Dans la même dynamique, le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a mis l’accent sur l’enjeu de la productivité. « Il faut lever tous les obstacles qui empêchent le secteur privé de se développer », a-t-il affirmé, soulignant que « la productivité individuelle reste faible et les revenus des ménages insuffisants ». L’État se dit ainsi prêt à accompagner les entreprises, y compris celles du secteur informel, et à mobiliser la fiscalité comme « un levier pour dynamiser l’économie ».
Les assises se poursuivront dans les régions à partir de ce mardi. Le plan national de relance économique est attendu d’ici un mois, avec pour ambition affichée de restaurer la confiance et de stimuler durablement la production nationale.
Irina Tsimijaly