SECTEUR AÉRIEN - Grogne des usagers envers Madagascar Airlines

Un ATR de Madagascar Airlines.

La polémique a été lancée par l’artiste du Sud, Mamy Gotso. Le 26 février, il a exprimé sur les réseaux sociaux sa vive indignation face aux services du transporteur aérien national.

« Je devais partir à Toliara le 25 février pour assister au festival Tsapiky, qui a été reporté en raison du deuil national décrété après le passage du cyclone Gezani à Toamasina. J’ai alors demandé que mon billet soit mis en open, puisque je ne partais plus à la date initialement prévue. La compagnie m’a appliqué un supplément de 650 000 ariary pour cette modification », a-t-il expliqué.

« C’est trop cher pour moi. Cela correspond quasiment au prix d’un billet aller pour Toliara », a-t-il ajouté.

D’après les informations qu’il affirme avoir obtenues auprès de sources internes à Madagascar Airlines, le billet Tana–Toliara ne devrait pas dépasser 350 000 ariary. Selon ces mêmes sources, la compagnie ne serait pas déficitaire à ce tarif, même avec quarante passagers à bord d’un ATR.

L’artiste a également dénoncé les taxes et surtaxes appliquées aux billets, qui alourdissent fortement le prix final. « Je souligne qu’une nouvelle taxe de 80 000 ariary a été instaurée le 15 février sur l’émission des billets. Les agences de voyage sont tenues de la répercuter sur le prix payé par les clients. Par ailleurs, le service Amarante dans les aéroports facture 110 000 ariary pour l’assistance en fauteuil roulant aux personnes à mobilité réduite. Tout cela est excessif », ajoute Mamy Gotso.

La taxe seule s’élève à 535 000 ariary par billet pour les vols domestiques. L’artiste demande aux autorités compétentes de revoir drastiquement ce système de taxation, que les voyageurs ne comprennent pas.

Services

Les réactions ne se sont pas fait attendre après la diffusion de la vidéo. « Je consulte en ligne le prix d’un billet pour Tana et je vois 575 000 ariary. Arrivé à l’agence de Madagascar Airlines, les réceptionnistes me disent que la réservation effectuée en ligne a été supprimée. Elle m’annonce que, pour la date choisie, je dois payer 862 000 ariary. Elle n’explique pas cette différence de 300 000 ariary et se contente de dire que c’est ainsi », témoigne un voyageur.

Une Malgache habitant en Allemagne s’est plainte des rackets à l’aéroport dont elle a fait l’objet. « Un fonctionnaire n’a pas hésité à me demander 300 euros qu’il envisage de partager avec ses collègues. L’homme me dit sans aucune honte que chacun a sa manière de chercher de l’argent. Je trouve tout cela inacceptable », dit-elle. Une autre dame se plaint du fait qu’à l’intérieur des aéroports, des vendeuses n’acceptent pas les ariary, mais seulement les euros et les dollars. 

D’autres dénoncent la qualité de service, depuis l’accueil des réceptionnistes d’agence jusque dans les avions. « Nous sommes obligés d’accepter les petites noix et un verre de jus pour un vol de deux heures. Où sont passés les vrais repas qu’on doit servir à bord ? », lâche un internaute. Les quelque trois cents commentaires constatés demandent que le prix des vols domestiques soit revu à la baisse et surtout que la destination Madagascar, qui est la plus chère du monde, soit réévaluée. La Réunion-Antananarivo coûte en moyenne 540 euros l’aller. C’est plus cher que d’aller à Paris.

Mirana Ihariliva

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