Alors que les tensions au Moyen-Orient entretiennent une forte volatilité sur les marchés pétroliers, une baisse des prix du carburant à Madagascar pourrait intervenir à partir de jeudi, selon l’Office malgache des hydrocarbures (OMH).
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| Les prix du carburant à Madagascar restent sous surveillance. |
Lundi 2 mars, le baril de Brent a bondi de 72,8 à 82 dollars, soit une progression de près de 13 % en une séance, dans le sillage de frappes américano-israéliennes et de ripostes iraniennes. Le West Texas Intermediate (WTI) a également progressé de 5,38 %.
Les analystes redoutent qu’entre 8 et 10 millions de barils par jour puissent être affectés si l’escalade se poursuit.
Des responsables iraniens ont menacé de cibler des infrastructures énergétiques et de perturber le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du commerce mondial de pétrole. Une fermeture prolongée de cette route stratégique entraînerait de graves tensions sur l’approvisionnement, malgré l’existence de réserves stratégiques susceptibles d’amortir temporairement le choc.
Climat incertain
À Madagascar, l’OMH assure que les cargaisons importées via OQ Trading n’empruntent pas le détroit d’Ormuz et que les routes maritimes utilisées demeurent opérationnelles. Le secteur reste néanmoins attentif à l’évolution du contexte international.
Selon des informations concordantes, les prix à la pompe pourraient diminuer à partir de jeudi. L’Office demeure prudent : bien que des décisions aient été arrêtées, l’instabilité actuelle pourrait conduire à des ajustements de dernière minute.
« Plusieurs scénarios sont envisagés », indique Cydolain Raveloson, directeur général de l’OMH. « Cette situation a des répercussions sur l’activité économique. Nous conseillons les autorités et veillons à ce que l’intérêt des consommateurs reste central. »
La prochaine cargaison destinée à Madagascar est attendue le 17 mars. L’évolution des prix au-delà du mois d’avril dépendra des conditions d’approvisionnement et des paramètres géopolitiques.
Le mécanisme d’ajustement automatique des prix reste en vigueur. « La variation mensuelle, à la hausse comme à la baisse, ne devrait pas dépasser 200 ariary », précise le directeur général.
Sur le plan international, plusieurs installations ont été affectées par les tensions régionales. Des raffineries en Arabie saoudite ont interrompu leurs activités après un incendie lié à une attaque, tandis qu’un terminal pétrolier à Abou Dhabi a été touché par un drone.
L’OPEP+ a annoncé, le 1er mars, une augmentation de production de 206 000 barils par jour à compter d’avril 2026, une décision jugée modeste par les analystes au regard des risques pesant sur l’offre mondiale.
Dans ce contexte d’instabilité persistante, les cours du pétrole demeurent particulièrement volatils. Leur évolution dépendra étroitement de la situation géopolitique au Moyen-Orient et de la sécurité des grandes routes maritimes énergétiques.
Irina Tsimijaly
