Énergie scolaire

Qu’est-ce qui est plus important aujourd’hui, le calendrier scolaire ou le programme scolaire ? Le fait est qu’on n’arrive pas à se décider une bonne fois pour toutes sur ces deux questions. À chaque changement de régime ou de ministre de l’Éducation nationale, chacun fait ce qui lui plaît.

Depuis le mouvement estudiantin de 1972 qui a balayé la Première République et la malgachisation de l’enseignement, qui était un fiasco, on ne fait que tâtonner. Il y a eu la GEN S ou le Génération sacrifiée et apatride, qui parlait un malgache de la classe élémentaire et un français petit nègre.

Et puis, d’un régime à l’autre, on change les dates d’examen et on expérimente de nouvelles méthodes d’enseignement. Et on finit par se perdre en conjectures. On a essayé les épreuves normalisées, l’approche par compétences, l’allongement du cycle scolaire, la suppression de l’examen du CEPE jugé d’aucune utilité ; cela n’a pas eu de résultats étincelants.

On change de méthode, mais le programme scolaire ne subit pas de grand bouleversement. On continue à remplir la tête des élèves de choses qui ne serviront à rien dans leur carrière. On inclut l’éducation sexuelle depuis les petites classes comme si on voulait que le viol aille plus loin dans sa bestialité.

Ailleurs, le programme s’adapte à la conjoncture et aux besoins du pays. On forme des étudiants pour les secteurs stratégiques de développement. On manque d’enseignants qualifiés, de médecins spécialisés, d’ingénieurs de différents secteurs, d’informaticiens, de designers... Et ce n’est pas en recrutant des enseignants tout-venant ou en intégrant des cadres avec comme seule compétence l’ancienneté qu’on aura des résultats palpables.

Voilà pourquoi les électeurs et les élus sont du même niveau. Et c’est le drame, étant donné que pour opérer un vrai changement, il est impossible de le réaliser avec une population et un électorat béotiens. Une minorité d’analphabètes se taille toujours la part du lion quand l’énergie scolaire fait défaut.

Il en est du calendrier scolaire comme il en est du Taombaovao malagasy : les avis suivent une droite parallèle pour se perdre à l’infini. Mais là aussi, il faut tenir compte du climat, du calendrier culturel, de l’état des infrastructures routières et scolaires, pour dresser un calendrier qui permette aux élèves de travailler dans de bonnes conditions. Il ne s’agit pas de faire du psittacisme et de copier bêtement ce qui se fait ailleurs ou de se résigner à ce que la colonisation a imposé pour pouvoir partir en vacances en été.

Il faut en finir avec les expérimentations éternelles et trouver des dates immuables et un programme approprié à nos aspirations. Il est vrai que le changement exige une volonté et une vision claire avec des objectifs précis. Autrement, les faux diplômes et les sans-diplômes continueront leur méfait au royaume des aveugles.

Sylvain Ranjalahy 

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