L’affaire des Boeing 777 immatriculés à Madagascar et retrouvés en Iran connaît un nouveau rebondissement près de cinq mois après le placement en détention provisoire des vingt-deux personnes soupçonnées dans ce dossier. L’un des détenus est décédé des suites d’une maladie alors qu’il était incarcéré à la prison d’Antanimora. Selon les proches du défunt, il s’agirait d’un agent de sécurité interpellé dans le cadre de l’enquête. Âgé de 49 ans et père de famille, son état de santé aurait été aggravé par le stress, avancent ses proches.
« Comme d’autres détenus, il a été profondément affecté par le fait d’être emprisonné pendant plusieurs mois pour un crime qu’il n’a même pas commis », a déclaré un membre de sa famille sous couvert d’anonymat.
Les familles des personnes placées en détention provisoire soutiennent par ailleurs qu’un grand nombre des détenus ne seraient pas directement impliqués dans l’affaire. Parmi eux figureraient des coursiers, des agents de sécurité, ainsi qu’une septuagénaire présentée comme la propriétaire du domicile ayant servi d’adresse à la société écran Udaan Aviation. Certaines de ces personnes auraient, selon leurs proches, travaillé pour les deux opérateurs économiques soupçonnés d’être les principaux instigateurs du dossier.
« Comme leur supérieur était introuvable, ils ont été arrêtés pour indiquer où il se trouvait, avec la promesse d’être relâchés par la suite. Mais leur garde à vue s’est prolongée et a finalement abouti à une détention, même après que leur supérieur a été retrouvé », témoigne une mère de famille.
Demandes de liberté provisoire rejetées
Les détenus sont actuellement répartis dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Antanimora, Ambohidrabiby et Manjakandriana. Selon leurs proches, la situation sanitaire de certains d’entre eux demeure préoccupante. Malgré ces conditions, les démarches engagées par les familles pour obtenir une liberté provisoire n’ont, jusqu’à présent, pas abouti.
« Nous avons introduit plusieurs demandes de mise en liberté provisoire, mais elles ont toutes été rejetées », confie un proche, sous couvert d’anonymat, devant la morgue du Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona.
À ce stade, aucun calendrier précis n’a été communiqué concernant la tenue du procès. Interrogée début décembre sur RFI, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, avait indiqué qu’un procès n’était pas imminent, l’enquête devant encore être approfondie. Parmi les personnalités devant être entendues figure notamment l’ancien ministre des Transports et de la Météorologie, Valéry Ramonjavelo, dont le dossier est actuellement examiné par la Haute Cour de Justice (HCJ). L’État attend également les conclusions d’une enquête menée par des enquêteurs du Federal Bureau of Investigation (FBI) avant de clore l’instruction approfondie du dossier.
Tsilaviny Randriamanga