Le président de la Refondation de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a effectué une visite officielle à la société Secren. Cette entreprise stratégique fait face à de graves difficultés structurelles et financières qui menacent sa survie et les emplois qu’elle génère.
| Le président de la Refondation de la République et sa délégation se sont rendu au chantier naval de la Secren. |
Entouré des membres du gouvernement et des parlementaires, ainsi que des autorités locales, il s’est rendu, hier, sur place pour examiner in situ les installations et l’état des infrastructures. Cette visite a marqué l’ultime étape de sa tournée officielle dans le Nord. Une séquence à forte portée symbolique et économique, venant conclure deux jours de déplacements, de rencontres populaires et d’échanges institutionnels dans la région.
Installée au cœur du tissu productif régional, la Secren occupe une place stratégique dans l’économie du Nord. En se rendant sur ce site, le chef de l’État a voulu envoyer un message clair : la refondation nationale passe aussi par la relance et la sauvegarde des entreprises structurantes, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée locale, comme Sirama, Jirama, Airmad et la Secren, tout en évitant la privatisation de ces structures stratégiques.
Cette descente présidentielle s’inscrit dans une volonté affichée de l’État de reprendre en main les sociétés d’État en situation critique, longtemps fragilisées par des problèmes de gouvernance, un manque d’investissements et une baisse progressive de leur performance. Lors de son intervention, il place la sauvegarde des emplois et la relance de l’outil de production au cœur de la refondation économique, face aux difficultés économiques et à la fragilité du climat social.
« Des mesures concrètes seront prises dans les prochains mois pour accompagner le redressement de la Secren, dans le cadre d’un plan global de relance des entreprises publiques, car la refondation passe aussi par la sauvegarde et la relance de nos sociétés publiques, considérées comme patrimoine de l’État, devant redevenir des moteurs de développement », a-t-il déclaré.
Des échanges directs ont également eu lieu avec les responsables de cette société navale, dirigée par le directeur général par intérim, Anthony Rakotoarisoa, et les représentants du personnel, permettant d’identifier les priorités immédiates, notamment la modernisation des équipements, l’assainissement financier et la restauration de la confiance entre la direction générale et les employés.
Le chantier naval, fondé en 1945, souffre d’infrastructures vieillissantes. Actuellement, deux bateaux-portes sont présents sur site. La remise en état de ces infrastructures nécessite sept milliards d’ariary.
Des problèmes techniques majeurs
Selon les explications du directeur général par intérim, l’un des principaux obstacles reste l’énergie nécessaire au fonctionnement des pompes qui alimentent le bassin en eau. Chaque pompage coûte environ 200 millions d’ariary par mois, et les installations actuelles de 750 kVA devront être triplées pour répondre aux besoins. L’infiltration d’eau dans le bassin et le manque d’énergie suffisante constituent un frein majeur à la productivité.
Malgré ces difficultés, l’activité continue, car deux bateaux de pêche et un remorqueur de Toamasina sont actuellement entretenus dans le bassin. Cependant, la vétusté des infrastructures inquiète les clients quant à la qualité des travaux.
Comme solution, le gouvernement malgache prévoit de mobiliser 30 millions de dollars afin de redresser la Secren, le chantier naval historique du pays, le plus important étant la reconstruction des bateaux-portes, pièce centrale pour la construction des navires entrant dans le bassin.
En outre, les arriérés de salaires ont été partiellement régularisés, car l’État s’est engagé à verser trois mois de salaire sur les douze mois et demi dus. Le Président de la Refondation a annoncé que cette décision passera au Conseil des ministres de ce jour.
Quant à la nomination du nouveau directeur général, une commission gouvernementale supervisera le diagnostic complet de la Secren, incluant plusieurs ministres et un cabinet spécialisé pour le recrutement transparent d’un nouveau directeur général. Celui-ci devra présenter un plan de redressement soumis à la Présidence de la Refondation avant toute recherche de financement.
Raheriniaina