ARTS PLASTIQUES - Tiana Raparivo perpétue l’héritage de son père

Entre transmission familiale et affirmation personnelle, Tiana Raparivo perpétue l’héritage artistique de son père tout en développant une écriture picturale qui lui est propre.

 Les œuvres de Tiana Raparivo témoignent d’une continuité artistique familiale.

Dans la famille Raparivo, l’art se transmet comme une évidence. Tiana Raparivo s’inscrit naturellement dans la continuité de l’œuvre de son père, que le grand public connaît sous le nom de Raparivo, figure marquante de la peinture malgache. Le fils s’est affirmé au fil des années et s’est forgé une identité artistique qui lui est propre. Héritier d’un nom et d’une mémoire, il poursuit cette lignée créative sans se limiter à la reproduction, mais en enrichissant l’héritage de son propre regard.

Formé dans le moule, Tiana Raparivo a pris très tôt le pinceau. Sa première exposition remonte à 1979. S’il a travaillé aux côtés de son père à certaines périodes, il a progressivement tracé son propre chemin. Son travail se distingue notamment par l’usage de l’aquarelle, une technique à base d’eau, qui contraste avec la peinture à l’huile privilégiée par son père. Après quarante-cinq années de carrière, il a su développer une touche personnelle, marquée par des représentations de maisons, de paysages d’Antananarivo et de l’Imerina, qu’il affectionne particulièrement, ainsi que de scènes inspirées de ses expériences vécues en milieu forestier et en sous-bois.

Reproductions

Aujourd’hui, Tiana Raparivo incarne la continuité d’un héritage artistique familial, tout en démontrant que la transmission n’exclut pas l’innovation. Certaines expositions, comme celle récemment organisée à La City Ivandry, illustrent cette filiation sans pour autant réduire l’ampleur de son parcours et de sa démarche artistique. Le père étant désormais posé sur un piédestal, le fils, le temps des fêtes, s’est mis à hauteur de ses admirateurs. Pour ceux qui n’avaient pas les moyens d’acquérir ses toiles, des reproductions ont été mises en vente aux côtés des originaux. Tiana Raparivo a également réalisé, à la demande, des tableaux personnalisés, concrétisant ainsi les rêves de certains de ses inconditionnels. L’exposition-vente à la City Art Gallery se tient encore jusqu’à demain.

À travers son travail, Tiana Raparivo rend hommage à son père, non pas en imitant son art, mais en faisant vivre son esprit dans une création libre, personnelle et fidèle à l’histoire familiale.

1947 en filigrane

Raparivo père, né le 22 février 1934 et aujourd’hui disparu, a vécu à Diego-Suarez. Aîné d’une fratrie de cinq enfants, fils de Gaston Raparivo, il a d’abord exercé comme journaliste et photographe. Les événements liés à l’insurrection de 1947 et les persécutions qui ont suivi ont profondément marqué son parcours et ont constitué un déclencheur décisif de son engagement artistique. C’est à partir de cette période qu’il s’est tourné vers la peinture à l’huile, un médium qu’il a véritablement adopté pour en faire sa spécialité à partir de 1986. Ces épisodes historiques ont durablement nourri son inspiration et son œuvre.
Artiste reconnu, Raparivo a également occupé la présidence de plusieurs associations artistiques à l’étranger. L’art a toujours occupé une place centrale au sein de sa famille : ses cinq enfants évoluent tous dans le domaine artistique, faisant de la famille Raparivo une lignée d’artistes autodidactes.
Une commémoration dédiée à Raparivo père est prévue entre les mois de février et mars 2026. À cette occasion, une vente-exposition sera organisée à partir du mois de février et se déroulera sur deux à trois jours. Cet événement rendra hommage à l’artiste disparu tout en valorisant son œuvre. Les personnes possédant des tableaux de Raparivo père, à Madagascar comme à l’étranger, sont invitées à prendre part à cette commémoration.

Cassie Ramiandrasoa

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