De Toliary à Antsiranana, le tourisme malgache aspire à plus de liberté dans les airs. L’ouverture du ciel domestique représente une promesse de renouveau pour toutes les régions.
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| Johann Pless, président du Conseil d’Administration de la FHORM réélu pour un troisième mandat lors de l’Assemblée Générale Élective au Radisson Blu Ambodivona. |
Réélue pour un troisième mandat, l’équipe dirigeante de la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar (FHORM), menée par Johann Pless, entend poursuivre les actions entreprises afin de redonner au secteur tout son dynamisme. Le véritable frein au développement touristique demeure le transport aérien intérieur. Bien que la politique d’« open sky » soit en vigueur depuis plus de dix ans, elle n’a jamais été pleinement mise en œuvre. Le marché reste concentré entre quelques acteurs, ce qui maintient les prix des billets à un niveau élevé et les liaisons limitées, notamment vers les zones à fort potentiel touristique.
« Des villes comme Toliary ou Antsiranana méritent d’être mieux desservies », souligne le président du conseil d’administration de la FHORM. « Si nous voulons que le tourisme profite à tout le pays, il faut que les visiteurs puissent voyager facilement à l’intérieur du territoire », poursuit-il.
La FHORM plaide également pour une réduction de la TVA à 5 % dans la restauration et pour une politique d’investissement plus cohérente, afin de créer un environnement plus compétitif et attractif pour les opérateurs.
Rôle
Malgré les signes de redynamisation, le tourisme malgache reste encore en deçà des niveaux de 2019. Selon les projections de la FHORM, un retour à la normale ne serait envisageable qu’en 2026, à condition que la situation politique, économique et sécuritaire s’améliore.
« La Covid-19 a cassé une dynamique qui peinait déjà à s’installer », explique Johann Pless. « Le secteur n’a jamais eu le temps de se relever complètement avant d’affronter de nouveaux obstacles. »
Pour la Fédération, qui rassemble près de 300 établissements hôteliers à travers le pays, la relance du tourisme passe par une action coordonnée entre l’État et le secteur privé. La FHORM veut agir sur plusieurs fronts : formation des professionnels, digitalisation, montée en gamme des services, mais aussi amélioration de la connectivité aérienne.
« Notre rôle n’est pas de promouvoir la destination, mais de créer les conditions pour qu’elle fonctionne », souligne Pless. « Aujourd’hui, tout commence par une meilleure mobilité sur notre propre territoire. »
Le secteur emploie quarante mille personnes directement et plus de trois cent mille indirectement, du côté des hôteliers et restaurateurs. En tout, près de 1,5 million de Malgaches dépendent du tourisme et de l’hôtellerie.
Pour la FHORM, ouvrir le ciel domestique, c’est ouvrir la voie à une croissance inclusive, capable de transformer le tourisme en véritable pilier économique national.
Irina Tsimijaly

L'ouverture des vols domestiques à d'autres compagnies aériennes, nationales ou internationales? En droit, est-ce que les règles internationales sous l'égide de l'OACI le permettent? En pratique, combien de pays l'ont effectivement mis en oeuvre? Pour rappel aux novices, même la Britannique EASYJET a dû créer une filiale spécifique pour pouvoir continuer à opérer en Europe, après le BREXIT.
RépondreSupprimerEn France, le "modèle économique" du pays, et en Europe en particulier, la règle est très simple: l'opérateur aérien local doit être détenu au moins à 51% par des actionnaires ou investisseurs locaux: des volontaires?. De plus, les créneaux d'atterrissage et de décollage devront être proposés aux mieux-disants, pas uniquement financièrement. Enfin, la concurrence ou le choix du consommateur devrait pouvoir être préservé sur chaque destination afin d'éviter les situations de monopoles dont les acteurs économiques du pays sont devenus "maîtres".
La FHOM a-t-elle pensé à toutes ces questions avant d'énoncer ses velléités libertines?
Et pour les vols régionaux, Réunion et Maurice ?
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