COUPURES DE COURANT - Les petites entreprises à bout de souffle

Les coupures d’électricité fragilisent les petites entreprises. Face à cette situation, ces dernières doivent trouver des solutions pour maintenir leurs activités.

Photo prise dans une poissonnerie située à Ivandry. 

Les coupures de courant continuent de peser lourdement sur les activités économiques, touchant autant les grandes entreprises que les petites structures. Face à l’instabilité du réseau national, certaines grandes entreprises ont choisi de produire elles-mêmes une partie ou la totalité de l’électricité dont elles ont besoin. Mais pour les petites entreprises, les délestages restent un véritable casse-tête. Poissonneries, gargotiers, multiservices, salons de coiffure, autres commerces doivent chacun trouver leurs propres solutions.

« Malgré les délestages, nous avons choisi de ne pas éteindre notre congélateur », confie Raminoaritiana, responsable d’une poissonnerie. « Nos produits doivent rester à la bonne température pour garantir leur qualité et la sécurité de nos clients. Même si cela entraîne une consommation supplémentaire, c’est un investissement nécessaire pour ne pas perdre notre marchandise », poursuit-elle.

Suspension temporaire

Du côté des salons de coiffure, les stratégies sont différentes. « Nous organisons la prise de rendez-vous en fonction des plages horaires non concernées par les délestages », explique Tatianà Nomenjanahary, responsable d’un salon de coiffure à Ampefiloha. « Jusqu’à présent, nous ne sommes pas en mesure de produire notre propre électricité, faute de moyens pour investir dans des solutions de secours », continue-t-elle.

Certains entrepreneurs envisagent même de suspendre temporairement leurs activités, face à l’incertitude créée par les coupures récurrentes d’électricité. « L’an dernier, nous avons déjà dû interrompre notre production à plusieurs reprises à cause des délestages. Notre chaîne de fabrication dépend entièrement de l’électricité, notamment pour la conservation de nos produits congelés, essentiels à notre activité », explique un petit entrepreneur touché par la situation. Selon lui, chaque interruption perturbe non seulement la production, mais aussi la gestion des stocks et les livraisons aux clients. « Aujourd’hui, cette chaîne du froid est rompue, ce qui a provoqué une forte baisse de nos ventes et fragilisé la confiance de notre clientèle. Les clients hésitent désormais à passer commande, craignant que nous ne puissions pas respecter nos engagements », poursuit-il.

Ces interruptions ont des conséquences économiques majeures : baisse de la production, hausse des coûts et pertes de rentabilité. Les petites et moyennes entreprises, en particulier, peinent à survivre face à ces coupures récurrentes, faute de moyens pour y faire face.

La décision de black-out avortée

Hier, des employés de la Jirama ont manifesté, mais la décision de déclencher un black-out total a finalement été annulée. Dans la soirée, la police a arrêté Anmora Ratovomanarivo, président du Syndicat des employés de la Jirama (SMJ). Selon une source autorisée, il a été conduit au commissariat central de Tsaralalàna. Il est soupçonné d’avoir donné l’ordre de couper des câbles électriques, provoquant des coupures de courant à Antananarivo et dans certaines régions.
Par ailleurs, cinq syndicats au sein de la Jirama — Sekrima, USAM, Fisemare, SEMM et SATJI — ont déclaré hier qu’ils ne cautionnent pas la pression exercée sur les employés pour qu’ils participent à la grève. Si le droit de grève est fondamental, le désordre n’est pas acceptable. Les ministres concernés ont déjà répondu aux revendications formulées. Ces syndicats soutiennent les demandes actuelles, mais rejettent toute forme de perturbation ou de destruction des infrastructures de la Jirama.

Mialisoa Ida

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