A l’allure où vont les choses, le courage et la volonté des jeunes de la GEN Z, origines des manifestations et du régime, risquent d’être vains. Ils ne doivent à personne cette « victoire », or, tout le monde se dispute la paternité, certains s’amènent même avec le résultat d’un test ADN.
Le changement à la tête de l’Assemblée nationale, la libération de prisonniers sans aucune formalité judiciaire constituent un signe avant-coureur de la reprise en main des choses par les politiques. On retombe fatalement dans les erreurs de 2009.
La GEN Z, outre les revendications sur l’eau et l’électricité, voulait changer tout le système politique et la gestion du pays. Or, il est clair qu’elle ne dirige plus la manœuvre et est en train de se faire doubler par les politiciens et les syndicats. La GEN Z doit être le leader des décisions et des négociations avec les membres de la Refondation de la République de Madagascar. Ce qui est loin d’être le cas.
La Refondation de la République de Madagascar semblait bien partie au début avec des mesures importantes pour effacer complètement le passé avant de se raviser pour se conformer aux dispositions de la Haute Cour Constitutionnelle pour éviter les sanctions internationales. Que pourrait-on changer en voulant faire du neuf avec des vieux comme c’est le cas au Sénat.
Organiser des élections avec les mêmes instances dans leur composition actuelle dans le temps imparti par l’actuelle Constitution réduira à néant tous les sacrifices des jeunes et de la population en général. Ce qui signifie d’ailleurs une possibilité de retour de l’ancien régime, étant donné que rien, a priori, n’interdit sa candidature.
La marge de manœuvre de la Refondation de la République de Madagascar semble limitée entre le désir de tenir les promesses et les revendications sociales des manifestants et les contraintes politiques de toutes parts.
Il n’y a pire que ce que la population a vécu pendant seize ans pour craindre aujourd’hui les sanctions internationales à l’image de celle de l’Union Africaine. Qu’est-ce qu’on a à perdre ? La Zlecaf ne promet rien qui vaille pour faire décoller l’économie puisqu’on a plus à acheter qu’à vendre. Quant à la communauté internationale, elle est tout simplement complice de la pauvreté du pays pour avoir échoué dans les soi-disant aides et coopération alors qu’il s’agit juste d’arnaque et de marché de dupes. Il n’y a pire sanction que cette pauvreté dont la communauté internationale a été le témoin consentant d’un viol collectif en restant passif, au contraire, en continuant à pousser le pays vers l’abîme.
Beaucoup de philosophes ont plus ou moins légitimé la révolte de la population, à l’image de Victor Hugo, Jean Jacques Rousseau ou Thomas Hobbes, à partir du moment où la liberté d’expression est piétinée, les droits de la population sont réprimés.
Plus tard, au nom d’une démocratie à deux vitesses, le soulèvement populaire dans les pays pauvres sont condamnés par les pays se croyant être le défenseur ou le gendarme du monde. Comment ose-t-on penser et exiger que la démocratie puisse être effective et réelle dans un pays où 80 % de la population ne savent pas lire et écrire, où 80% des dirigeants sont corrompus, que les élections sont systématiquement truquées ?
Les futures générations en feront autant si l’initiative de la GEN Z finit en queue de poisson comme en 1972, 1991, 2002, 2009, 2018… Un coup d’épée dans l’eau faute d’avoir été un coup d’État en bonne et due forme.
Sylvain Ranjalahy
Triste de constater que l'école des échecs ne peut produire que des éléments de la même veine.
RépondreSupprimerLa marche à reculons n'est pas une nouveauté pays.
Très bonne analyse et très beau cris du cœur. je partage votre avis à 100%. Les militaires n'ont pas fait le travail, ils ont défendu le système et non le peuple malgache. Ce qui est e train de se passer est absolument lamentable. la priorité des priorités reste et restera la lutte contre la corruption et le népotisme. Pour cela le seul et unique moyen est de supprimer l'immunité des parlementaires et des hauts fonctionnaires et d'empêcher qu'ils puissent à nouveau se l'octroyer: il n'y a pas de secret, il faut une nouvelle constitution et une 5ième république, sinon, exactement comme vous l'écrivez, il ne s'agit que d'un énième coup d'épée dans l'eau... La parasitocratie est trop bien installée à Mada et le peuple est littéralement vampirisé. Quelle tristesse.
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