SANTÉ - Le vaccin contre la bilharziose à l’essai

Le Professeur Raphaël Rakotozandrindrainy appelle tout un chacun à ne plus pratiquer la défécation à l'air libre

La recherche sur le vaccin contre la bilharziose est en bon chemin. L’Université d’Antananarivo entre dans la phase d’essai technique à l’heure actuelle.

La bonne nouvelle s’annonce. La bilharziose pourrait être prévenue, dans quelques années, pour Madagascar. Les scientifiques malgaches commencent à faire l’essai clinique du vaccin contre cette maladie. À noter qu’il n’y a pas encore de vaccin disponible contre la bilharziose dans le monde. Le pays entre progressivement dans l’éradication de cette maladie tout en continuant les recherches. Cette bonne nouvelle est une opportunité pour la population. 

De plus, c’est également une prise de responsabilité importante de la part des scientifiques. « Madagascar se place deuxième après l’Université de Texas à avoir fait cet essai clinique et ce, dans le but de sauver des milliers de vie», a expliqué le médecin Raphaël Rakotozandrindrainy, Professeur titulaire et enseignant-chercheur auprès de la Faculté de médecine de l’Université d’Antananarivo et également  coordonnateur de « Madagascar Institute for vaccine research ». Cette bonne nouvelle a aussi été annoncée à l’occasion de la journée scientifique de la Faculté des Sciences et les études et recherches importantes sur cette maladie mortelle ont été portées à la connaissance du grand public. 

Cette maladie va continuer de sévir si un vaccin ne serait pas mis au point dans un proche avenir. Plusieurs personnes ont déjà accepté de servir de cobaye. « Plusieurs étapes ont été franchies pour pouvoir réussir cet essai clinique. Ceci se fait dans un cadre scientifique, éthique et réglementaire extrêmement rigoureux dans l’enceinte de ce laboratoire », continue ce responsable. Une attention particulière pour ces scientifiques puisque leur travail pourrait permettre de sauver beaucoup de vies. 

Madagascar figure parmi les pays les plus vulnérables en matière de bilharziose. Pour le moment, la lutte contre la défécation à l’air libre ainsi que l’assainissement constituent les seuls moyens de prévention de cette maladie.

Les résultats de l’essai clinique se rapportant au vaccin contre la bilharziose devraient être présentés vers la fin de l’année 2024, continue ce responsable.

Prévention

Le premier facteur de la bilharziose reste toujours la défécation à l’air libre, une habitude récurrente dans plusieurs régions de l’île. C’est pourquoi le pays n’est pas épargné par cette maladie. Le problème se pose puisque cette maladie ne présente aucun symptôme spécifique ou alarmant et est plutôt négligée par beaucoup. Se baigner dans la rivière peut propager cette maladie. Dans ce cas, les matières fécales se propagent et atteignent l’eau utilisée pour ensuite pénétrer dans le corps. « Dans la municipalité que je gère, utiliser les toilettes publiques est gratuit et ce, pour impliquer tout le monde dans la prévention de ce problème sanitaire», continue le Professeur Raphaël Rakotozandrindrainy, également  maire de la Commune d’Andina, à Ambositra. Une pratique qui pourrait être appliquée dans toutes les communes de la Grande île.

La situation du pays vis-à-vis de la bilharziose est préoccupante. Ainsi, il est indispensable de prêter une attention particulière à sa prévention.

Miora Raharisolo 

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