Le nombre exorbitant de cyclopousses exaspère plus d’un dans la cité du soleil. Ils sont appelés à être remplacés par des tricycles à moteur.
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| Les abus de certains cyclopousses sont dénoncés par les passagers et les utilisateurs de voitures. |
Il existe quelque quinze mille cyclopousses enregistrés au niveau de la commune urbaine de Toliara. Et encore, c’est un nombre annoncé en 2023. Le nombre réel doit tenir compte des autres cyclopousses des communes environnantes du district de Toliara II, comme Betsinjaka, Belalanda ou Mitsinjo Betanimena, qui desservent la ville de Toliara. On compte ainsi pas moins de vingt mille cyclopousses pour quelque trois cent mille habitants à Toliara-ville.
Bien que des policiers municipaux et la police nationale essaient de gérer la circulation urbaine, l’exaspération des habitants et des usagers de la route commence à monter. « Ils sont plus nombreux que les véhicules motorisés et ils occupent ainsi une large place sur les rues. Mais nous essayons de leur faire rouler sur une file seulement, notamment au niveau des grands axes comme Sanfily, Lycée Laurent Botokeky, Ankilifaly, Scama, pour que les autres véhicules puissent passer », explique Séraphin Emahavelo, agent de police.
Ce n’est pas assez organisé, à l’avis des autres usagers de la route. « Ils respectent un moment leur droite, mais n’hésitent pas à faire un dépassement, sans regarder si un véhicule à leur gauche est proche ou encore éloigné. Ils ne respectent pas le code de la route et tournent comme bon leur semble, s’arrêtent n’importe où et occupent des espaces publics ou privés non autorisés pour stationner », raconte Mohamed, un chauffeur d’une direction régionale.
Les conducteurs de cyclopousses sont également dénoncés pour leur comportement envers leurs passagers. Il ne se passe pas un jour sans que des plaintes soient publiées sur les réseaux sociaux.
Bajajs
« Ils disent connaître la destination, puis, arrivés à destination, ils demandent un surplus du frais déjà convenu au départ. Ils n’hésitent pas à vous laisser en plein milieu de nulle part car, finalement, ils ne veulent pas aller là où on veut aller », livre une mère de famille.
Une femme avec un bébé de trois mois a été malmenée par un tireur de cyclopousse car ce dernier dit ne pas avoir de monnaie et que c’est elle, la passagère, qui doit se débrouiller pour trouver l’argent pile à lui donner. Un fait qui a fait le buzz sur la toile. « Nous n’avons pas d’autre choix que de conduire un cyclopousse pour survivre. Nous venons d’une région éloignée où il n’y a pas de travail », répliquent quelques migrants de la région Androy, tireurs de cyclopousses, rassemblés à chaque pause de midi à Tanambao. À eux d’expliquer qu’ils ont appris de leurs pairs qui sont à Toliara depuis plus longtemps.
Un passager pousse fort en pointant du doigt quelques tireurs de cyclopousses, qui dérobent leurs passagers, le soir venu. « Pourquoi n’utilisons-nous pas de bajajs, ces véhicules motorisés à trois roues, comme moyen de locomotion officiel à Toliara ? Pourquoi les bajajs ne sont-ils autorisés que pour desservir quelques trajets comme Ankilifaly-Maninday ou Ankilifaly-Andranomena ? », livre un enseignant qui doit prendre le cyclopousse tous les jours pour rejoindre son école à Tsianaloke.
Mirana Ihariliva
